CHAPITRE X, aO
à /3e décharger de la vigilance à laquelle ils sont naturellement obligés. » Cependant il ne rejette pas entièrement les pensionnats ; il voudrait seulement qu'ils offrissent plus de garanties d'une bonne éducation morale et littéraire. Mais si nous recherchons sa pensée intime sur l'éducation publique ou privée , nous voyons qu'il penchait pour cette dernière, et qu'il était convaincu que touthommequi veut fortifier son intelligence,^^/i^ le besoin^ comme il l'a dit dans sa notice sur Ché* nier, (ï étudier tout ce qu^on. vient de lui apprendre au collège. Il semble montrer aussi de la préférence pour l'éducation privée dans son éloge de M, SiK veslre de Sacy. On y lit, en effet , que ce savant ne fut envoyé, dans son enfance et son adolescence, à aucune école publique, et c{\^an tel exemple serifirait peut-être mieux qu'aucun autre à recommander l' instruction prii^ée, si nous rC avions tout lieu de croire que ses dispositions naturelles eurent la principale part à ses progrès.
Le plan d'éducation tracé par M, Daunou fut agréé par l'Oratoire; l'auteur le rédigea en ar» ticles de loi, et il fut présenté à l'Assemblée constituante.
M. Daunou s'occupa aussi de la constitution préparée par cette assemblée célèbre. Plusieurs de ses dispositions lui suggérèrent des reflexions qu'il fit également insérer dans le Journal ency^ clopédique de 1790 et de 1791.
Tous ces travaux, et notamment ceux qu'il avait consacrés à la défense de la constitution civile du clergé, appelèrent sur lui Tatlention des chefs
26 DOGUMEJITS BIOGRAPHIQUES.
du clergé constitutionnel. Primat , supérieur des ' oratoriens dé Douai, ayant été élu évéque du dé* partemeut du Nord', lui écrivît, le 17 avril 1791, pour lui annoncer qu'il venait de le nommer son vicaire épiscopal. Porion , élu évéque du Pas-de- Calais, lui fit savoir, quelques jours après ^ qu'il lui conférait le même titre. Daunou accepta la nomination de ce dernier, qui lui offrait l'avantage de le laisser dans son pays. Mais , le 1 5 septembre suivant \ l'évéque de Paris le choisit pour remplir les fonctions de vicaire métropolitain, directeur du séminaire diocésain, aux appointements de huit cents francs par an. Ce séminaire était provisoirement établi dans la maison de Saint-Magloire , l'une de celles qui avaient appar-tenu aux oratoriens ^. Daunou remplit cette der-*^ nière place jusqu'à sa nomination à la Convention nationale, au mois de septembre 179^9 époque à partir de laquelle il cessa toute fonction ecclésiastique.
Avant de suivre M. Daunou dans sa carrière politique , où il devait déployer une si rare cons* tance de principes, une si noble éloquence, et un courage à toute épreuve, nous allons mentionner une circonstance assez curieuse de sa vie littéraire.
L'abbé Raynal avait chargé V académie des sciences y belles-lettres et arts ,de Lyon, de proposer
t Depuis archevêque de Toulouse et sénateur» décédé le 10 octobre 1816. .
' Rue Saint-Jacques, dans le local où sont aujourd'hui les Sourds- Muets.