‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 16 sur 136 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

ÉleciioQ de Daunou à la Convention nationale. — Il est nommé membre du comité d'instruction publique. — Ses opinions dans le procès dt Louis XTI* — Anecdotes.

Le patriotisme si pur et si éclairé de M. Daunou était généralement apprécié dans le département du Pas-de-Calais. Ses écrits en faveur de la cons^ titution civile y avaient produit une vive sensation. Membre des sociétés des Amis de la constitution , à Boujogne et à St-Omer, il avait eu occasion d'y développer des principes pleins de sagesse et de fermeté tout à la fois : aussi l'assemblée des électeurs du Pas-de-Calais, réunie à Calais le 9 septembre 1 792, s'émpressa-t-elle de le nommer député à la Convention nationale. M. Daunou était alors à Paris, et il n'avait fait aucune démarche pour obtenir ce périlleux honneur. Les principaux citoyens de sa ville natale s'empressèrent de lui faire savoir sa nomination par la lettre suivante :

«Daunou, des hommes libres savent trouver partout les généreux défenseurs de la liberté et de l'égalité. Depuis longtemps vous aviez des droits k l'estime de vos concitoyens; ils viennent de trouver un moyen de vous donner des preuves

3o OOCUMKlfTS BIOGRAPHIQUES.

d'une couBance que vous ne démentirez jamais, en vous nommant d'une voix unanime député à la Convention nationale pour le district de Boulogne. »

Parmi les onze députés du Pas-de-Calais à la Convention , il en est qui devaient devenir célèbres à divei^ titres, notamment Camot, le Bas, Thomas Paine et Daunou. Arrivés d'abord avec une pensée commune, celle de donner à la France un gouvernement libre et fort, ils ne tardèrent pas à se séparer et à suivre un chemin différent, au milieu des partis qui déchirèrent cette grande assemblée.

M. Daunou, qui siégeait au côté droit, fut placé dans le comité d'instruction publique dès qu'il eut été créé, et il en Ait élu secrétaire avec Baudin (des Ârdennes). Ce comité avait pour principaux membres , indépendamment des deujL que nous venons de nommer, Barrère, Léonard Bourdon, Chénier, Condorcet, David^ Dussaulx, Fouché, Lakanal, Mercier, Rabaut-Saint-Étienne , Sieyès, etc.

Lorsque la Convention fut organisée, la première grande mesure à laquelle elle crut devoir s'arrétçr, avant même de donner une constitution à la France, as fut le procès de Louis XVI.

Ce procès, commencé le 7 novembre 1 792, par le rapport de Mailhe, ne se termina que le a 1 janvier 1 793, par la catastrophe qui a rendu ce jour si tristement célèbre.

La première question que la Convention eut à examiner, fut celle de savoir si le roi éiaiii juge€i6le,

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