‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 20 sur 136 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

bres^ par appel nominal distinct, et à la tribune :

Première question : Louis Capet est-il coupa-* ble de conspiration contre la liberté de la nation et d'attentats contre la sûreté générale de l'État?

Deuxième question : Le jugement, quel qu'il soit, sera-t41 envoyé à la sanction du peuple?

Troisième question : Quelle peine lui sera-t-il infligée?

Sur la première question, Daunou accusa Louis, d'avoir conspiré contre la souveraineté du peupk^

Relativement à la question de l'appel au.peuple, Daunou avait exanrijné, dans ses opinions imprimées, les inconvénients et les avantages qui pouT vaient en résulter. Si cette question eût été posée après celle de la peine, point de doute qu'il na se fût prononcé en sa faveur, la mort ayant été votée par la majorité. Mais, présentée auparavant^ il demeura convaincu que si la majorité se pro<« nonçait pour cette mesure, un beaucoup plus grand nombre de membres de l'assemblée voteraient la mort , parce qu'ils cacheraient leur lâcheté derrière l'apparente volonté,:du peuple» II se rappelait d'ailleurs les jugements émanés des populaces d'Athènes et des autres républiques de l'antiquité, dans des causes politiques, et il en connaissait l'injustice et la. cruauté ; il vpta donc contre l'appel au peuple.

Le tour de la grande questioitde la peine était arrivé; les tribunes publiques se trouvaient remplies de ces. sauvages qiii venaient attendi*e leur proie et demander aux législateurs Ja tète de leur ancien roi. Dçs ct*i$ frénétiques se faisaient enten-

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dre ; des menaces violentes s'ëlevaient contre ceux qui votaient pour toute autre peîne que la mort. Un seul membre de la Convention, nous a dit DaunoU) quoique se prononçant' pour la mort , amena un murmure d'eftroi et de sourdes rumeurs dans ces tribunes ; c'était Philippe d'Orléans , fou* • tant aux pieds toutes les lois divines et humaines pour se reconnaître juge, et juge votant la mort, dans la cause de son parent , de l'infortuné monarque qu'il aspirait à remplacer.

L'état de l'assemblée serait impossible à décrire, pendant ce sinistre appel nominal. Nous allons rapporter un trait que nous tenons de Daunou, et qui montrera quel fut l'effet que l'agitation des tribunes dut produire sur le résultat du vote. 11 avait auprès de lui un député qui paraissait prendre un grand intérêt à la vie de Louis XVI. Lorsqu'un membre se prononçait pour la mort, ce député témoignait par ses gestes combien il était opposé aux votes de cette nature. Son tour arrive. Les tribunes, qui avaient sans doute remarqué l'énergique désapprobation manifestée par lui, con- Ire la mort, font entendre des menaces telles, qu'il est quelques moments sans pouvoir se faire enten* dre. Enfiiiiiesilencese rétablit, et il vote,., la mort.

Daunou Vi^ se laissa pas intimider pan* ces menaces. Lui, que nous avons connu si réservé, ne fléchit jamais , soit devavit la tyrannie de la multitude, soit devant celle d'un despote. Il monta d'un pas- ferme à la tribune qu'il abordait pour la pr^mièrei fois, et il prononça ce vote avec l'ac*œnt péwétré du devoir et du courage :

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