‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 26 sur 136 · CHAPITRE III. 5l · texte numérisé non relu

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de la république , et recevoir mêmes vêtements , même nourriture, même instruction y mêmes soins ; sous peine, pour le père de famille qui s'y refuserait, d'être privé du droit de citoyen et de payer une double contribution. Robespierre avait jmsceplan sous sa sanglante protection, et voulut l'imposer à l'assemblée. M. Daunou publia à cette occasion un écrit intitulé : Essai sur l'instruction publique f dans lequel il combattît cette stupide tyrannie. Il proposa comme moyen d'instruction publique offerte aux citoyens de tous les âges , l'é* tablissement de lectures ou conférences publiques, de bibliothèques et de fêtes nationales. Relatives^ ment à l'éducation de la jeunesse, il désirait qu'elle restât, autant que possible, renfermée dans le sein de la famille; il n'excluait pas l'éducation commune, mais il la voulait libre, et s'ap«» pliquait à poser les limites de sou établissement. Il voulait que les élèves ne fussent point enlevés à leurs parents, et qu'en profitant de l'éducation commune, ils ne cessassent pas de recueillir les bienfaits de l'éducation domestique ; que nul ne (ut contraint, en aucune manière, d'envoyer ses enfants aUx écoles publiques; enfin, que le législateur, se bornant à la désignation des objets de l'édudation nationale et à l'organisation des éta**blissements publics où elle devait être donnée, ^ abandonnât les procédés et les méthodes à la sagacité des professeurs et aux libres progrès de la raison. Il s'élevait surtout contre la pensée d'organiser un corps de lettrés qui dût remplacer les anciehties univiersitési II en prévoyait tous ies io-

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convénients et en signalait les abus, ce Laisser aux artSy disait-il, aux lettres, aux sciences, une indéfinie liberté; ne les comprimer ni par des usages^ ni par des méthodes, ni surtout par des lois; assurer à toutes les connaissances humaines la pleine faculté de faire, au sein de Tempire, tous les progrès qu'elles voudront y faire, voilà ce que vous n'obtiendrez, ce me semble, ni en créant une corporation de lettrés, ni en adoptant des livres élémentaires autres que ceux destinés aux

premières écoles Comment le citoyen qui sera

membre de cette vaste agrégation de lettrés, aurat-il jamais ou la volonté ou le pouvoir de sortir en quelque sorte hors de sa ligne, par des doctrines singulières, par des procédés non reçus? Comment s'exposera-t-il aux intolérants et infaillibles reproches d'innovation , d'insubordination , d'indocilité? Combien d'habitudes, de relations, d'intérêts, vont se réunir pour enchaîner ses opinions, pour lui en commander le sacrifice!»

Mais, ainsi que nous l'avons dit, les fatales journées du 3i mai et du a juin étaient venues frapper de stupeur les amis sincères de la liberté.

D'aussi effroyables attentats durent amener d'énergiques réclamations de la part de ceux des membres de la Convention en qui n'était pas éteint tout sentiment d'honnêteté et de courage. En effet, une protestation fut rédigée contre les événements des 3r mai et 2, juin, par soixante et treize députés, parmi lesquels figurait Daunou. Cette protestation ne devait pas tarder à amener leur incarcération et à appeler sur leur tête les

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plus imminents périls. Elle fournit le prétexte à de prétendus patriotes d'Ârras d'envoyer deux députés extraordinaires à la Convention y qui les admit à sa barre , dans la séance du 1 8 juin , pour dire que Daunou avait perdu la confiance de ses concitoyens.

Malgré le deuil qui régnait dans son âme, Daunou n'en continuait pas moins de remplir avec assiduité ses devoirs de député.

Nous l'avons vu tout à l'heure cherchant à améliorer l'essai informe de constitution que l'on voulait donner à la France, et protestant en faveur du droit de propriété , et pour la liberté du, père de famille dans l'éducation de ses enfants ,^ comme il protesta aussi contre la mise hprsJii loi de ses plus vertueux collègues; nous Iç trouvons au mois de juillet, vérifiant les expériences sur le télégraphe, et occupé à faire adopter cette ingénieuse et utile invention , avec Lakanal et Arbogast, délégués comme lui par le comité d'instruction publique, pour suivre ces expériences.

Et à cette occasion nous allons citer un fait qui nous parait propre à montrer la bonté du cœur de Daunou.

C'était le 12 juillet 1793 : une expérience devait être opérée sur une ligne de correspondance de huit à neuf lieues de longueur. Les vedettes étaient placées, la première à Ménilmontant, la deuxième sur les hauteurs d'Écouen, et la troisième à Sain t- Martin- du -Thertre. Ce dernier poste, occupé par Lakanal et Arbogast, était dis-

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tant de huit lieues et demie du poste de Mëmifanoiitant, où Daunou était place. A 4 bèures 26 minutes , celui-ci transmet la dépêche suivante à ses collègues : « Daunou est arrive ici ; il annonce que la Convention nationale vient d'autoriser son comité de sûreté générale à apposer les scd-* lés sur les papiers des représentants du peuple. » Lakanal et Arbogast ne s'y trompèrent pas y et ils considérèrent comme une attention délicate de leur collègue 9 l'avertissement qu^il leur donnait de la mesure prescrite par la Convention, pour qu'ils pussent mettre de côté leurs papiers susceptibles de les compromettre.

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