‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 27 sur 136 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Déletitioa de Daunou dans cinq prisons successives. — Études auiquellés il se livre. — Tableau qu^il trace du régime des [irisons à cette époque. — La terreur racontée par lui.

L'établissement d'un goui^ernement révolution^ naire, la fable du fédéralisme j exploitée contre les hommes modérés de la Convention y le triomphe de la montagne et deis jacobins, tout annonçait que de nouveaux malheurs menaçaient les amis de l'ordre et de la liberté légale. En effet , le 3 octobre y Àmar vint lire à la tribune, au nom é^ comité de sûreté générale , ce fameux acte d'accusation dressé contre cent trentç-cinq membres de la Convention , et en vertu duquel furent traduits immédiatement devant le tribunal révolutionnaire ou mis en état d'arrestation, lei^ membres les plus illustres de cette assembfée.

Daunou y qui se trouvait dans la catégorie des députés mis en état d'arrestation , ne chercha pas à fuir;^ il attendit paisiblement, dans l'hôtel garni de la rue Saint-Honoré qu'il habitait, qu'on vint l'arrêter; et en effet, ce moment ne tarda pas à arriver. Il fut d'abord conduit à la Force , où il resta jusqu'au i4 juillet 1794* Après un séjour

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de près de dix mois dans celte prison , il fut avec quelques-uns de ses collègues transféré aux Madelonnettes. Pour les y conduire, on les plaça sur des chariots non couverts, et ils traversèrent ainsi les rues de Paris, en plein jour, se voyant en butte aux sarcasmes et aux outrages de la plus vile populace. Rien n'était préparé aux Madelonnettes pour les recevoir : aussi couchèrent-ils pendant deux jours sur le pavé des cours.

Des Madelonnettes, ils furent successivement envoyés aux Bénédictins anglais, à l'Hôtel des Fermes et à Port-Libre (Port-Royal) ; car ces dernières maisons avaient été transformées en lieux de détention, les prisons ordinaires ne pouvant suffire au nombre immense de détenus que le gouvernement révolutionnaire y avait fait renfermer.

Une âme aussi ferme que celle de Daunou n'était pas de nature à se laisser ébranler par les persécutions et par la crainte de la mort. Deux de ses compagnons de captivité nous ont fait connaître ses occupations habituelles à cette lugubre époque. « Daunou, dit Champagneux, conserva dans sa prison une âme paisible, et s'y nourrit de lectures graves et saines; on le trouvait toujours Tacite , Cicéron , ou un autre auteur ancien , à la main. Je l'abordais avec plaisir, parce que sa conversation judicieuse était très-propre a nourrir l'âme', »

< Œuvres de madame Roland, publiée^ par Champagneux, édit. de l'an vin , t. n, p. 401.

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