‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 36 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

bres, de la défense de la lépublique^ dans la crise de vendémiaire'. »

Le beau portrait de Daunou qui termine ce morceau est d'une ressemblance parfaite.

La première mesure que proposa la commission des onze fut de mieux rëgler les attributions du comité de salut public^ pour qu'il n'empiétât plus sur les fonctions de la Convention , comme il l'avait fait souvent sous la domination de Robespierre. Dans le but d'arriver à ce résutat, M. Daunou fui chargé par cetle commission de faire un rapport sur les moyens de donner plus dUntensité au gouifernementj en attendant que la nouvelle constitution fut prête ; car la commission n'avait pas tardé à voir qu'il était impossible de tirer un parti raisonnable des prétendues lois organiques de 1793.

Parmi les conventionnels chargés de rédiger la constitution, ne se trouvait pas celui d'entre eux qui, depuis le commencement de la révolution, s'était acquis la phis haute renommée par ses connaissances en organisation sociale. On voit de suite que nous voulons parler de Sieyès. Il n'avait pu faire partie de la commission, ainsi que Carobacérès, parce qu'ils étaient l'un et l'autre membres du comité de sâlut public, et qu'il avait été décidé qu'on ne pourrait cumuler ces deux fonctions. La commission voulut toutefois que l'on consultât Sieyès. Daunou fut en conséquence chargé d'aller le trouver, et de lui deroan-

< Histoire de la révolution française, par Mignet, p. 536.

der qu'il donnât le plan de la constitution qu'on assurait généralement qu'il avait déjà tracé, en lui promettant de le présenter, en son nom à la Convention, s'il le voulait ainsi, ou , s'il le préférait, de le présenter au nom de la commission , promesse sur laquelle il pouvait compter. On peut être convaincu queDaunou mit dans cette démar* che toute la convenance dont il était capable. Elle fat toutefois fort mal accueillie par Sieyès. Pour toute réponse, il en reculées paroles orgueilleuses : a J'ai étudié profondément ces matières; mais vous ne m'entendriez pas Je n'ai

rien à vous communiquer. »

Malgré une telle impolitesse , la réputation de Sieyès comme organisateur était si grande alors, que, lorsque la commission des onze eut terminé son travail, il fut décidé qu'on le lui communiquerait pour avoir au moins son avis. Daunou fui encore chargé de cette démarche, et il dut lui en coûter beaucoup de se remettre à ce sujet en rapport avec Sieyès. Il obéit néanmoins au désir de ses collègues, et lui donna lecture du projet de coni^titution. Il ne put en tirer que cette réponse froide et dédaigneuse : « Ce travail n'est pas mauvais. A tout prendre, parmi les constitutions actuellement établies, il n'y en a peut-être pas d'aussi bonnes que celle-ci; mais il y aurait cependant bien des observations à faire , et ce n'est pas. encore ce qu'il faut. »

Diiunôu le pressa en vain de dire ce qu'il faudrait suivant lui, et quelles étaient ses observa-

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