‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 37 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tiens. Sieyès répliqua , comme la première foi.s : On ne me cotnprendrait pas.

. La Révellière^Lépaux 9 qui jouait alors un rôle important , aux Mémorr'es inédits duquel nous eÎBprunions ces détails', ajoute : «Ici, on ne peut s'empêcher de le remarquer, Thonorable caractère de Daunou contraste d'une manière frappante avec celui de Sieyès. Daunou venait de montrer, dans la commission des onze, que les principes théoriques de l'organisation sociale lui étaient au moins aussi familiers qu^à Sieyès , que les détails lui étaient bien mieux connus, et qu'il avait sur l'application , ce qui est le plus essentiel, des idées justes , des idées pratiques, qui man^ quèrenl toujours à Sieyès. Malgré sa supériorité, c'est Daunou qui vient modestement demander des avis, et c'est Sieyès qui répond avec dédain : On ne rn entendrait pas. C'est que Tun était pos* sédé par un amour-propre exclusif, l'autre pénétré de l'amour du bien public. »

La constitution de l'an m renfermait des principes d'ordre et d'organisation sociale qu'il était fort difficile de faire triompher à cette époque. Ainsi, une déclaration des devoirs était, pour la première fois, placée à côté de la déclaration des droits du citoyen- L'établissement du pouvoir législatif en deux branches démontrait également que les auteurs de cette constitution avaient su profiter de l'expérience des cinq dernières années

' Nous eo devons la communication à M. la RéveUière-Lépaux fils.

76 OOGCJM££4TS BIOGRAPHIQUES.

OÙ uDe assemblée unique avail pesé de loul son poids sur la destinée de la France. Mais le pourvoir exécutif était organisé trop faiblement pour qu'il ne fût pas facile de prévoir de nouveaux orages. L'extension des idées démocratiques, la crainte poussée jusqu'à l'excès de l'usurpation d'un roi 9 ne permettaient pas de songer sérieu* sèment à confier ce pouvoir à un président unique. Daunou, qui entrevoyait tous les inconvénients d'un pouvoir exécutif multiple, mais qui était convaincu que les circonstances s'opposaient à ce qu'il fût confié à une seule main, de concert avec son collègue Baudin (des Ardennes), aurait voulu deux magistrats suprêmes ou consuls biennaux, dont l'un devait gouverner pendant la première année, et l'autre pendant la seconde; c'est du moins ce qui nous est attesté par M. Thibaudeau. Il aurait voulu aussi, avec Lanjuinais, que le droit de veto fut accordé au Directoire. Enfin, ce fut lui qui fit introduire, dans le projet de constitution, la création de Y Institut nationaly dont il compléta l'organisation parla loi du 3 brumaire an iv, sur l'instruction publique. De toutes les institu* tions créées par la constitution de l'an m, c'est la seule qui existe encore aujourd'hui. Daunou doit donc être considéré comme le véritable créateur de ce grand corps savant et littéraire. En vain M. Ijakanal a-t-il revendiqué pour lui-même ' l'honneur d'avoir provoqué cet établissement.

I Dans une feuille imprimée en 1840, sous le titre de Suum cuigite.

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