‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 39 sur 136 · CHAPITRE V. yg · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. yg

et possédant au plus haut point le talent de l'analyse , il avait saisi et comparé avec la plus grande netteté les idées émises dans la commission , de manière à amener notre travail à un tout bien conçu et bien lié. »

Pendant le cours de cette grande discussion, et pour rendre un éclatant hommage au talent dont il faisait preuve 9 la Convention appela Daunou à l'honneur de la présider, et il remplit cette importante fonction du 1 7 thermidor au 2 fructidor (4- 19 août 1795). Comme président delà Convention, il dut prononcer, dans la séance du a3 thermidor, un discours sur l'anniversaire du 10 août.

Enfin, Daiinou fit, toujours au nom de la commission des onze, un rapport sur la loi des élections, dans la séance du 5 fructidor an m. 11 était le principal auteur de cette loi, dont il faut rappeler l'origine et les effets.

Pour assurer l'exécution de la nouvelle constitution, et pour éviter la faute de l'Assemblée constituante, qui n'avait pas voulu qu'aucun de ses membres pût faire partie de la législature qui devait suivre, la Convention rendit ces fameux décrets des 5 et i3 fructidor (aa-So août) , au moyen desquels les deux tiers de ses membres devaient forcémeirt faire partie du pouvoir législatif qui allait lui succéder. Cette mesure, sans doute, peut nous paraître aujourd'hui extra-légale, mais elle était alors jugée nécessaire pour écarter les menées des deux partis opposés , les jacobins et les royalistes, dont les efforts devaient tendre à renverser le nouveau gouvernement.

8o DOCUMENTS BIOGRAPHIQUES.

M. Daunou, partisan prononce de la mesure des deux tiei's, était entré le 1 5 fructidor ( i ^' septembre) au comité de salut public, où iUse trouvait avec Cambacérèsy Merlin (de Douai), Letourneur (de la Manche), la Révellière-Lépaux, Henri Larivière, Boissy d'Ânglas, etc.

Cétait une époque critique et où il fallait du sang-froid et du courage. Les assemblées primaires étaient convoquées pour lacceptalion de la constitution et des décrets organiques. Le ao fructidor (6 septembre), la section Lepelletier arrêtait la formation d'un comité composé d'un commissaire de chaque section , pour rédiger et envoyer dans toute la France une déclaration authentique des sentiments des citovens de Paris. Tout semblait annoncer une résistance opiniâtre à la mise en ac^ tivité de la nouvelle constitution et des décrets.

Les comités de salut public et de sûreté générale se réunirent pour aviser au moyen d'assurer ia volonté de la Convention et du peuple qui avait sanctionné la nouvelle constitution et les décrets. Daunou, qui était également respecté des deux partis % fît adopter^ au nom de ces comités, dans la séance du 4 vendémiaire an iv, une adresse aux habitants de Paris , sur les troupes qui arrivaient^ et, dans celle du ii, il fit un rapport par lequel il signala les abus de certaines sections de Paris; puis il terminait ainsi : « Représentants du peuple, cette république que les factieux menacent dans son berceau , votre premier devoir est de la

■ Fain, Manuscrit de Tan m, p. 342.

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