‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 50 sur 136 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

depuis Ton a puisé, copié littéralement des actes d'accusation et des jugements homicides. La fable du fédéralisme était grossière , insensée , stupide; cette fable a égorgé 20,000 Français, ruiné leurs familles, plongé la patrie dans un déluge de sang et d'horreurs. Vous direz que je rappelle ici des temps où les passions politiques n'étaient pas réprimées, comme aujourd'hui, par des lois constitutionnelles; mais il faudrait me prouver d'abord que la licence illimitée de la presse ne deviendra pas bientôt plus forte que ces lois sacrées, et je demanderais encore si Ton a mesuré bien exactement l'usage qu'un jour, même sous un régime constitué, des factions pourront faire contre leurs ennemisd'une arme si essentiellement meurtrière. » De longues discussions furent soulevées à l'occasion de ces projets de résolutions, qui finirent par échouer devant l'opposition formidable qu'une partie notable des conseils, et parliculièretrient de celui des Anciens , avait organisée contre toutes les mesures qui pouvaient plaire au Directoire.

Dàunou fut encore chargé de faire un rapport sur le renouvellement du Corps législatif, sur le nombre des députés à affecter aux départements de la Belgique, qui venait d'être réunie à la France, et sur le tirage au sort du premier tiers des députés ayant appartenu à la Convention, et dont les pouvoirs expiraient au mois de prairial an V (juin 1797). Il fit ce rapport au mois de frimaire , le compléta par un autre rapport sur le nombre des députés à élire par chaqde départe-

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ment, donl il fit la lecture dans la séance du no nivôse (9 janvier 1797). Le i5 du même mois, il s'était opposé à un projet de loi qui avait pour but la vente des presbytères. 11 fit remarquer que sr les instituteurs étaient expulsés des maisons qu'ils occupaient (et les presbytères non vendus leur avaient été assignés) , ils ne trouveraient pas d'autre asile. «N'est-ce pas, ajoutait-il, fermer le dernier qui restait encore à l'instruction publique , que de ne pas laisser dans leurs médiocres demeures les fonctionnaires les moins payés, et qui, sans doute, doivent être placés parmi les plus utiles ? »

Daunou faisait partie d'une commission instituée pour l'organisation des écoles spéciales. Celte commission , composée de membres du Conseil des Cinq-Cents et de membres de l'In^titut^ s'occupa de ce travail pendant plusieurs mois; elle le choisit pour son rapporteur, et le Conseil des Cinq-Cents prit un arrêté le aS floréal (14 mai 1797), pour ordonner <jue son rapport serait imprimé. Ces écoles spéciales étaient destinées à l'enseignement des sciences mathématiques et physiques, des sciences morales, économiques et politiques, des belles-lettres, des arts mécaniques, de l'économie rurale, de l'art de la guerre, del'arr vétérinaire, de la médecine, des arts du dessin et de la musique. Le plan des études que l'on devait y suivre était tel qu'on pouvait l'attendre d'hommes comme Daunou, Pastoret, Sieyès, Laplace, Lacépède, Fontanes, etc., qui faisaient partie de cette commission.

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