‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 51 sur 136 · CHAPITRE VI. lOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. lOI

Le rapport de Daunou sur les écoles spéciales est le dernier grand travail qu'il ait fait dans sa première législature au Conseil des Cinq-Cents. Le sort le désigna en effet pour faire partie du premier tiers des anciens membres de la Convention dont les fonctions expiraient au mois de prairial.

Nous terminerons ce chapitre en rappelant les fonctions littéraires qui furent confiées à M. Daunou depuis ' sa sortie de la Convention jusqu'à l'époque dont nous nous occupons en ce moment.

Nous avons déjà dit la part qu'il prit à la création de rinstitut national , soit comme rédacteur de la constitution de l'an m, soit comme rapporteur et auteur principal de la loi du 3 brumaire. Ces diverses ^circonstances , jointes à son mérite incontestable comme publicisteet comme écrivain, lui donnaient droit à l'une des premières places de l'Institut : aussi, le 6 frimaire an jv (ay^ novembre 1795), reçut-it du ministre de l'intérieur Bénézech une, lettre qui lui annonçait qu'il était désigné pour faire partie du premier tiers des membres devant composer l'Institut. Il était placé dans la classe des sciences morales et politiques, et attaché à la section de la science sociale.

Lorsque l'Institut eut été complété, il dut s'occuper de son règlement. Une commission composée de douze membres, dont quatrç appartenaient à chacune des trois classes, fut nommée à l'effet de préparer la rédaction de ce règlement. M. Daunou obtint les suffrages de la seconde classe, celle

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des sciences morales, et politiques, avec Sieyès, Delisle-Desales et Grégoire.

Enfin y ce fut lui qui prononça le discours d'inauguration de rinstitut, dans la première séance publique de ce grand corps littéraire, en présence du Directoire exécutif, des ministres, des ambassadeurs, de l'élite de la société française. Cette séance eut lieu le i5 germinal an iv (4 avril 1796). Madame Sophie Gay, rendant compte de ce qui s'y est passé , parle en ces termes du discours de M. Daunou : « Daunou a pri^ la parole ; il remplissait en quelque sorte, dans cette occasion, le rôle de l'orateur de l'Institut. C'est en son nom qu'il a caractérisé avec précision la nature de ce bel établissement, les fonctions des diverses classes qui le composent, l'esprit qui doit l'animer, les travaux qu'il doit se prescrire, et le genre d'appui qu'il doit trouver en retour dans un gouvernement ami des lettres. L'art de penser et d'écrire, d'enchainer les idées avec ordre et de les exprimer avec élégance, force et clarté, a brillé dans ce discours plein de dignité, de philosophie et d'éloquence '. »

Au surplus, comme ce discours ne se trouve dans aucune des collections de l'Institut, nous croyons devoir le rapporter jçi.

■ Citoyens, à côté des premiers pouvoirs, organes ou instruments de la volonté du peuple français, la constitution a placé

• i>j Mfilheurt d'un amant heureux, 1. 1, p. a76.

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