‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 58 sur 136 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

rieux guerrier. Le gouvernement résolut de consacrer à sa mémoire l'une de ces cérémonies patriotiques qui réunissaient au Champ de Mars les grands pouvoirs dé l'État, l'armée et le peuple, et où des hymnes étaient chantés et des discours prononcés en présence de ces assemblées solennelles. L'Institut était chargé de désigner l'orateur qui devait parler au nom de la patrie. Cette fois M. Daunou fut choisi pour faire le panégyrique de Hoche. Une voix plus pure et plus éloquente ne pouvait s'élever en l'honneur de ce jeune héros. L'éloge funèbre de Hoche reçut l'approbation générale; il fut prononcé le 10 vendémiaire an VI ( I®' octobre 1797), et madame de Staél écrivit le 16 du même mois la lettre suivante à Daunou : « Quoique je n'aie pas l'honneur de vous connaître personnellement. Monsieurj je crois qu'il m'est permis de vous transmettre un hommage de plus. J'ai admiré dans votre éloge du général Hoche et le talent et le caractère de l'écrivain ; ce discours m'a paru plus qu'un écrit, j'ai cru y démêler une action courageuse, et c'est au sentiment qui l'a inspirée que j'ai besoin de m'unir. Yous devez être au-dessus de toutes l^s louanges, mais une profonde estime n'est jamais un hommage importun. »

« Necker Staël de Holstein. »

A partir de cette époque, et jusqu'à la fin du Consulat, M. Daunou fréquenta le salon de niiadame de Staël, où se réunissaient les hommes les plus célèbres du temps. Cette femme illustre

lui portait uu vif intérêt, et cherchait sans cesse à l'attirer auprès d'elle. A son retour de sa mission à Rome, elle hii écrivait : «Vous êtes arrivé, et vous n'êtes pas venu me yoir; je m'en plains. Voici vos moyens de réparer. Voulez-vous, quoique sauvage, entendre un peu de musique, le soir du 29, chez moi, avec de belles dames? Si les belles dames vous font peur, voulez-vous diner décadi chez moi,avecChénieret Benjamin? Il me faut vous voir. J'ose vous dire que mon esprit et mon âme ont besoin de vous entendre. ;> Le 29 theniiidor an viii (ï6 août 1800) , elle lui écrivait de Coppet : « Vous ne faites rien , mon cher Daunou , sans y porter un certain caractère de perfection qui satisfait pleinement l'esprit. Vous avez bien voulu faire un extrait de mon ouvrage % et j'y ai trouvé mes idées tellement bien déduites, tellement bien enchaînés, que j'étais beaucoup plus contente de mon livre que lors même que je l'ai composé. Cet art de faire un extrait est le plus flatteur des éloges, et quelques mots de vous pèsent plus dans ma balance que beaucoup de phrases d'un autre. J'ai été aussi, je l'avoue, très-contente du citoyen Roussel, et j'ai trouvé beaucoup d'esprit dans ses éloges comme dans ses critiques. Quel est-il ce citoyen Roussel *? Depuis la révolution, il y a un

* De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (a vol. in-S**, Paris, an viii). M. Daunou en rendit un compte fort détaillé dans la Clef du cabinet des souverains ^ numéros des 30 et ai messidor an vin.

* ^e médecin Roussel , ami de madame Helvétius , de Cabaais ,

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