CHAPITRE Vil
beaucoup plus grand nombre (Fbommes qui savent écrire. Il arrivera peut-être que nous devrons aussi à cette révolution des écrivains de la première classe , et si vous vous livrez tout à fait aux lettres, cela arrivera. Qu'avez-vous dît des pasquinades du Journal de Paris sur mon ouvrage , et ces réformateurs du goût, qui vous disent les latinades^ les vocables j les confutations! et ces philosophes qui vous disent que le système de la perfectibilité deTespèce humaine a été inventé pour permettre l'exportation des blés! Quel malheur, quel véritable malheur d'être une femme, une ci-devant dame, et d'avoir une sorte de convenance compliquée de tout cela, qui ne permet pas de répondre et de se livrer à quelque talent d'amertume, ou seulement de plaisanterie ! Dans les notes et la préface de ma a® édition, je relève quelques assertions singulières de Fontanes * : comme celles que le Mondain (de Voltaire) est tout ce qu'il y a de mieux sur le système de la perfeétibilité de l'espèce humaine; que Voltaire a fait connaître Shakspeare en Angleterre, etc. Mais il faut le faire avec des termes bien indirects, bien généralisés; et si je pouvais me faire un petit homme, quelque petit qu'il fût, il me semble que j'attaquerais bien tous
de toute la société d'Auteuil , en un Ibot. Il a été l'un des principaux rédacteurs de la Clef du cabinet des souverains, et a fait insérer des observations sur l'ouvrage de madame de Staël, dont il s'agit ici, dans les numéros des 17 et x 8 thermidor an viii de ce journal. Roussel est mort le 19 septembre 1809.
S Fontanes avait publié deux articles contre l'ouvrage de madame de Staël , dans le Mercure de messidor et de thermidor an VIII (n®» X et 3).
jaa DOCUMENTS BIOGRAPHIQUES.
Constant» Us se rassemblaient le tridi de chaque décade , en un dîner qui avait lieu chez un restaurateur de la rue du Bac. Les plus graves sujels de politique^ de littérature, de métaphysique, étaient traités avec esprit et gaieté dans ces réunions^ amicales qui se prolongèrent jusqu'en r8oi2, époque où elles cessèrent par suite de l'ombrage qu'inspiraient au premier consul les idéologues qui les composaient. Nous reviendrons plus tard sur cette dernière circonstance.
En 1797, la Hollande aussi avait eu sa révolution qui devait lui amener des institutions en harmonie avec celles de la république française. Daunou fut chargé de revoir la constitution qui avait été rejetée par les assemblées primaires de ce pays^ et de donner son avis sur celle que l'on allait discuter de nouveau. Cette constitution, promulguée le i**" mai 1798 (la floréal an vi), demeura en vigueur jusqu'en 1801, époque où, toujours à l'imitation de la France, la république batave changea encore de régime.
L'assassinat du général Duphoi à Rome, le 8 nivôse an VI (a8 décembre 1797), aux côtés de Tarn* bassadeur français Joseph Bonaparte, décida le Directoire à en finir avec le pouvoir temporel du pape, et à envoyer une commission dans cette ville, à l'effet d'y organiser une république* Cette commission , nommée p^r arrêté du Directoire , en date du 12 pluviôse (3 r janvier 1798), se composa de Daunou, Faypoult, Monge et Florent.
On leur donna pour secrétaire Saint-Martin, éditeur Aes Établissements de saint Louis,
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La coaimission se rendit immédiatenient à sa destination. Les cardinaux prirent la fuite à son approche, et , à la poste qui précède Rome, les commissaires se rencontrèrent avec le cardinal Maury , qui jugeait prudent de quitter aussi cette ville.
Le premier soin des commissaires français fut, aux termes de l'arrêté qui les nommait, «de recueillir des renseignements exacts sur les faits qui s'étaient passés le 8 nivôse, d'en rechercher les véritables auteurs, et d'indiquer les mesures pro* près à empêcher que de semblables événements ne se renouvelassent. » Puis, conformément à leurs instructions particulières, ils durent se mettra en mesure de fonder la république romaine à l'instar de la république française. A cet effet, on leur avait remis à Paris une constitution qu'ils devaient donner au peuple romain. Mais il y eut nécessité de reviser cette constitution et d'y adapter des lois organiques pour la compléter.
Ce fut M. Daunou qui fut chargé de cette mission. Il prit pour base la constitution et les lois organiques françaises de cette époque, mais avec des changements propres à réveiller, pensait-on, dans l'esprit du peuple romain, les sentiments de liberté qui avaient animé ses ancêtre. Ainsi les assemblées primaires s'appelaient des comices, les assemblées communales des tribus. Le Conseil des Anciens était décoré du nom de sénat, et le Con^ seit des Cinq-Cents devenait le tribunal. Le pouvoir exécutif était délégué à cinq consuls , etc.
La justice civile et criminelle y était aussi orga-
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nisëe d'après les principes français, et M. Daunou s'était donné un soin infini pour doter les Romains d'institutions qui les missent au rang des peuples libres. L'œuvre était difficile, il est vrai; la correspondance que nous donnons à la fin de ce chapitre en est la preuve la plus irrécusable. Cependant on eut la coopération de quelques hommes distingués, qui consentirent à entrer dans leê fonctions publiques, et le célèbre antiquaire Visconti devint l'un des consuls de la république et membre de l'Institut.
Le clergé lui-même, à l'exception des cardinaux, se prêta d'assez bonne grâce à la transformation de la capitale du monde chrétien en une république démocratique. Chiaramonte, évêque d'Imola, depuis cardinal; et pape sous le nom de Pie VII, vint remettre en personne aux commissaires français un exemplaire de sa fameuse homélie du jour de Noël 1797, en faveur de la liberté.
Au milieu de fonctions aussi délicates , M. Daunoii n'avait pas perdu le goût des études bibliographiques et des travaux littéraires. La belle bibliothèque particulière de Pie VI avait été remise àHaller, administrateur eii chef des finances en Italie, et était au moment d'être vendue. M. Daunou s'empressa d'écrire au Directoire, et obtint la faculté d'y puiser les ouvrages les plus précieux, pour les adresser à la bibliothèque nationale et à celle du Panthéon, à Paris. Il entra en relation, à ce sujet, avec M. Van Praët, qui lui envoya tme note des principales éditions du quinzième siècle, qui se trouvaient dans les différentes bibliothèques