CHAPITRE VII. ia
de Rome, et qui manquaient dans celle dont il avait la direction. C'est ainsi que la bibliothèque de Sainte-Geneviève possède encore aujourd'hui de magnifiques productions typographiques sorties des presses de Sweynheym et Pannartz, et des autres principaux imprimeurs établis en Italie au quinzième siècle , la plupart reliées aux armes de Pie VI , et les grands ouvrages à gravures sur le musée Clémentin, la colonne Trajane, les fresques du Vatican par Raphaël , etc. La Bibliothèque du roi y moins heureuse , a été obligée de rendre , en iSiS, tous les ouvrages que M. Daunou lui avait fait envoyer. Mais M. Daunou comprit qu'il était équitable et en même temps de l'intérêt politique de la France, de mettre un terme à l'enlèvement des objets d'art qui nous étaient cédés par le traité de Tolentino, conclu entre le général Bonaparte et le pape. Sa correspondance avec le Directoire témoigne de ses efforts à cet égard, ainsi: que des conseils qu'il donnait pour que le peuple romain ne fût plus en butte aux levées extraordinaires d'impôts.
Cette époque de la vie de M. Daunou est marquée par un trait de générosité envers trois de ses anciens collègues.
MM. de Vaublanc, Pastoret et Duplantier, proscrits à la suite du i8 fructidor, s'étaient réfugiés dans les États romains. Ils s'y trouvaient lorsque les commissaires français arrivèrent. Le Directoire donna ordre aux commissaires de les faire arrêter, et ce fut M. Daunou qui remplissait les fonctions de président de la commission à qui cet
ordre parvint. Il se garda bien d'en parler à ses collègues, et, quoiqu'on le lui* réitérât de tenpps à autre, iL n'y donna aucune suite. Le hasard fit même que les commissaires ayant été visiter Twoli ^ s'y trouvèrent' avec les trois proscrits. M. Daunou fit signe à Duplantier , qui l'avait aperçu le premier, de s'éloigner, avec ses compagnons d'infortune, et lorsqu'il dut quitter Rome, il les fit prévenir qu'ils eussent à se cacher sur le territoire napolitain, car il ne pouvait répondre qu'ils resteraient plus longtemps sans être arrêtés. Les proscrits partirent , pénétrés de reconnaissance pour la main secourable que leur tendait un adversaire politique. On verra par la suite comment M. de Vaublanc sut reconnaître cet éminent service.
M. Daunou ne resta que quelques mois à Rome, car le collège électoral du Pas-de-Calais l'ayant élu de nouveau député au Conseil des Cinq-Cents, le a4 germinal an vi ( i3 avril 1798), il s'empressa de venir reprendre place dans celte assemblée , d'où la réaction royaliste l'avait tenu éloigné pendant un an. Le collège électoral du département du Gard l'avait aussi nommé député à la même époque; mais il opta naturellement pour son département.
M. Daunou profita de son séjour à Rome pour visiter Naples , où Garât remplissait les fonctions d'envoyé de la République française, et pour faire une excursion aux ruines de Pompéi.
Nous allons donner la correspondance deM. Daunou avec M. la Révellière, membre du Directoire,