CHAPITRE PREMIER
Famille de Dauuou. — Sa naissance. — Ses premières études chez les cordeliers de Boulogne. — Il les continue chez les oratoriens. — Il dcTient oratorien. — Il professe dans différentes maisons de cet ordre. — Il remporte le prix à Tacadémie de Nîmes sur Vinfluence de Boileau, Il
remporte le premier accessit à Tacadémie de Berlin sur la puissemce' paternelle, — Lettre de Formey. — La révolution. — Défense de la eons» fituHon c'mle du clergé. — Plan d'éducation présenté à TAssemblée constituante. — Réflexions sur la constitution,- — Dauuou devient vicaire métropolitain et supérieur du séminaire de Paris. — Il remporte un prix fondé par Raynal à Facadémie de Lyon. — Bonaparte , Tun des concurrents.
Dans le courant du dix-septième siècle, vivait en" Guyenne une honnête famille de bourçeoisie, où la profession de chirurgien semblait être héréditaire. D'après une tradition de celte famille , ayant embrassé la religion réformée, elle avait subi des persécutions à l'époque où Montluc ravageait ces contrées , et elle s'était vue obligée de se réfugier en Hollande, soit alors , soit à la
a BQCUMSUTS BIOGRAPHIQUES.
suite de la révocation de Tédit de Nantes. Toutefois il est présumable qu'elle ne résida pas longteuipsen ce pays , et qu'après avoir abjuré le protestantisme, elle rentra en France.
En effet, François Daunou, bisaïeul de celui dont nous allons retracer la vie, vint de Cancon, bourg de l'Âgénois, s'établir à Castelnaud de Gratecambe, autre bourg de fa même province, et y épousa, le i5 novembre '1690, la fille d'un chirurgien du même endroit, nommée Marie Berger. Le 19 mars 1692, il naquit de ce mariage un fils appelé Raymond, qui fut chirurgien à Castelnaud.
Raymond Daunpu eut deux fils qui exercèrent la profession paternelle. L'ainé, appelé aussi Raymond, pratiqua cette profession à Castelnaud, où il mourut sans postérité. Le cadet, nommé Pierre, -étudia d'abord à Agen, puis vint à Paris, où il suivait les cours des écoles de chirurgie en 1750.
Pierre Daunou eut occasion d'accompagner à Boulogne, en l'jSi^ une personne riche qui allait y prendre les bains de mer. 11 y fit la connaissance de mademoiselle Marie-Antoînette-Péronne Sauzet, fille d'un pharmacien , l'épousa, et se fixa à Boulogne, où, après avoir obtenu le brevet de maître , il exerça la chirurgie , profession dans laquelle il acquit une honorable réputation'. De ce
X Pierre Dauoou a publié un écrit ainsi intitulé : Méthode de nourrir et de soigner les enfants nouveau-nés, par M. Daunou, maître en chirurgie, chirurgien de Tamirauté, démonstrateur de l'art des accouchements à Boulogne-sur-Mer. Boulogne, de l'imprimerie de Dolet, 1786, in-8^