‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 7 sur 136 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

mariage sont nés plusieurs enfants, dont deux seulement purent être ëlevés : une fille, qui épousa un chirurgien nommé Halgouit, et Pierre-Claude- François, qui va faire l'objet de cette notice, et qui vint au monde place Saint^Nicolas, aujourd'hui place d'Alton, dans la basse ville, à Boulogne-sur-Mer, le i8 août 1761.

Le jeune Daunou montra, dès ses plus tendres années, les plus heureuses dispositions et le goût le plus prononcé pour l'étude. Il apprit les premiers éléments des langues française et latine dans une classe appelée le petit latin , qui était dirigée par les pères Mutinotte et Maillard , cordeliers du couvent de Boulogne.

À l'âge de sept ans, il fut envoyé au collège des oratoriens, où il se rendait deux fois par jour de la maison paternelle. On raconte qu'il avait tant d'ardeur pour apprendre, qu'il passait la plus grande partie de ses récréations à préparer ses devoirs. L'hiver même , sans feu dans sa petite chambre , il se fourrait les pieds entre deux matelas de son lit pour moins souffrir du froid, si vif sur les bords de la mer , et étudier plus facilement. En se rendant au collège, il devait passer par une vaste esplanade où le vent soufflait avec violence. Ses camarades, ayant pitié d'un être si petit et si chétif , le chargeaient sur leurs bras et l'aidaient ainsi à traverser cette place.

Daunou fit chez les oratoriens de Boulogne ses humanités, sa rhétorique et sa philosophie. Il y étudia aussi les mathématiques et les premiers éléments de la physique. Les plus brillants succès

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signalèrent toutes ces études ^ qu'il termina aui vacances de 1^777. Il s'agit alors pour lui de choira sir une carrière. Ne se sentant aucun goût pour la

chirurgie , il désirait beaucoup venir à Paris afin d'y faire son droit, non pas sans doute comme on le faisait alors, mais de manière à embrasser utilement la profession d'avocat, et à devenir un véritable jurisconsulte. Il dut céder toutefois à la volonté de son père, qui disait que sa fortune ne lui permettait pas d'envoyer son fils à Paris , et de lui laisser entreprendre une carrière qui ne lui offrirait qu'une perspective éloignée de se suffire à lui-même. D'un autre côté, les oratoriens, comme tous les membres des congrégations religieuses, multipliaient les efforts pour s'attacher leurs élèves les plus distingués, et parmi eux, à <»tte époque , il en était peu qui fussent plus capables que Daunou d'ajouter à l'illustration de leur ordre. Avant de prendre un parti définitif, il écrivit à son père une lettre respectueuse , pour lui faire connaître de nouveau quelle était sa véritable vocation; mais celui-ci persistant, il finit par céder à une volonté si fortement prononcée, ainsi qu'aux pressantes suggestions de ses maîtres. Il se fit en conséquence recevoir, comme confrère, à l'institution de l'Oratoire de Paris, le 17 novembre 1 777, n'étant âgé que de seize ans et trois mois^ C'était par une rare exception que l'on admettait

' Une note de sa main , sur les règlements de la congrégation de rOratoire, manuscrit provenant de sa bibliothèque, porte : « J'ai pris l'habit de l'Oratoire le 4 de décembre, Tannée 1777. »

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