CHAPITRE Vil. Jj^'j
pendant la mission difficile qu'il eut à remplir à Rome. Elle nous paraît propre à montrer la modération et la sagesse de celui qui écrivait ces lettres à une époque si orageuse; elle fera connaître en même temps des faits presque entièrement ignorés.
Et, d'abord, faisons remarquer que cette correspondance part du 3o venlôse an vi, c'està-dire du jour où la constitution romaine venait d'être inaugurée et les consuls nommés. Elle se continua jusqu'en brumaire an vu, époque où Daunou était de retour à Paris, mais où il plaidait la cause de Visconti, le plus éminent des consuls romains, qui venait d'être destitué.
Rome, 30 ventôse an vi (20 mars 1798).
Mon cH£r ancien collègue ,
La constitution est établie, les premières autorités sont installées, les autres vont l'être successivement. Nous vous envoyons les premiers cahiers des lois organiques ; le reste s'iipprime. Nous continuons le travail des nominations : nous tâchons do ne choisir que des patriotes ; et parmi les patriotes, nous recherchons les plus probes et les plus éclairés. Mais à mesure que nous descendons aux autorités inférieures et locales, l'étoffe devient courte. Nous sommes obligés d'aller vite, relativement aux corps administratifs dont les consuls ont besoin : nous prendrons le temps d'être un peu plus circons^ pects à l'égard des tribunaux ; tant parce que leur organisation n'est pas si pressée, que parce qu'il serait plus difficile de remédier à nos erreurs en cette partie.
On aura autant d'adresses , d'adhésions à la constitution que l'on voudra ; subsistances et finances, voilà les points les plus difficiles. Vos arrêtés multiplient nos relations et nos travaux. Le retour de Masséna nous avait donné beaucoup
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d'inquiétudes. Les officiers s'étaient de nouveau rassemblés , non-seulement à Rome, mais à Civita-Vecchia, à Terni et dans plusieurs garnisons. Nous espérons que l'exécution ferme de vos arrêtés rétablira la discipline.
Vous faites ici, en objets d'art, de belles acquisitions. La Filla-Albani est un magniûque muséum. On ne sera embarrassé que sur le choix. La bibliothèque nationale aura une grande partie des livres qu'elle demande; elle aura, de plus, im assez grand nombre de manuscrits qui nous semblent précieux. Le pape avait une bibliothèque particulière très-riche en éditions du xv^ siècle ; nous en expédierons plusieurs, soit pour la bibliothèque nationale, soit pour les autres bibliothèques publiques de Paris...
Il paraît que vous renoncez à la colonne Trajane ; au fond ce serait une entreprise extrêmement dispendieuse.
Salut et amitié,
Rome , le 14 germinal , an vi ( 3 avril 1 798 ).
Mon cher ancien collègue ,
Il est étonnant que le rédacteur de la dépêche du 17 ventôse se soit servi du mot revisa : nous n'avons fait que compléter la constitution que vous nous aviez remise. Deux ou .trois articles seulement ont été modifiés d'après la démanche - de quelques Romains : i^ il a été impossible d'exclure du tribunat les non-mariés, beaucoup moins à cause des prêtres qu'à cause de plus d'une trentaine de patriotes trés-recommandables à beaucoup d'cgards, mais qui étaient célibataires; nous n'aurions pu sans eux trouver le nombre nécessaire. La règle est demeurée intacte pour le consulat , le sénat et la haute préture ; il n'y est entré que des citoyens mariés ou veufs: le reste était réellement impossible.
7l^ Nous avons trouvé deux Français mis en place par le général Berthier : l'un le citoyen Brémond , ministre de la guerre, et l'autre BassaP, secrétaire du consulat. Le général
*■ Ancieu conventionnel.