‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 64 sur 136 · CHAPITRE VII. i4ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. i4ï

Moûge revient en ce moiHerit de Civila-Vecchia, où il était allé pour s'embarquer. Il est fort heureux que l'Empereur n'ait pas attendu le départ de l'expédition pour rtianifester des dispositions hostiles. Si la guerre se renouvelle avec lui vous commencerez sans doute par vous emparer de l'État napolitain : vous avez, ce semble, besoin de ce début pour avoir à la fois et des finances et une bonne position militaire. La république romaine acquerra plus de consistance. Mais quels que soient les avantages infiniment vraisemblables d'une gnerre avec l'Empereur et avec Naples, il faudra les acheter par une ou deux années de malheurs, d'épuisements et d'agitations. Les factions reprendront plus d'activité en France, et le bonheur intérieur sera encore retardé. J'ignore si la paix ne nous vaudrait pas mieux que de nouveaux succès.

Nous ne connaissons encore ici qu'une partie de vos nouvelles élections ' : il me semble qu'il n'y a point de royalistes; que les anarchistes sont en petit nombre, et qu'il sera d'autant plus aisé de les écarter, qu'à l'exception de trois ou quatre, ils ne sont nommés que par des portions d'assemblées électorales; ce sera une assemblée à peu près composée comme la Convention: républicaine, mais vive, un peu passionnée , ayant quelque penchant aux révolutions, et que voua devrez souvent retenir. Si le reste ressemble à ce que j'ai vu , c'est mieux que je n'aurais espéré. Deux journaux et une lettre de la citoyenne Monge à son mari, annoncent que je suis nommé: je n'en ai reçu aucune nouvelle officielle, ni même directe.

Nous vous envoyons les projets de traité : il me semble que l'époque de leur ratification devra être celle de la fin de notre mission. Je t'ai offert dans ma dernière lettre quelques idées sur la manière de nous remplacer. Peut-être songerez-vous , pour la légation, à notre collègue Florent, qui est fort estimé ici , et qui le sera toujours par ceux qui le connaîtront. Son patriotisme est sûr; il a de la fermeté; il est clairvoyant et laborieux.

On a oublié de remettre au dernier courrier la boite que je

' Celles de floréal an vi.

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t'annonçais; elle ne partira point encore par celui-ci, qui n'est pas sûr d'aller jusqu'à Paris.

Salut et amitié ,

P, S, On nous a envoyé de Paris deux hommes qui commencent à nous donner quelque inquiétude : ce sont deux Romains qui habitaient Paris : ils se nomment Ceracchi et Bruner : le premier est un artiste distingué; le deuxième est homme de lettres, il a traduit en italien quelques ouvrages de Bernardin de Saint -Pierre. Sur les lettres qui nous avaient été écrites pour nous les recommander, lettres venant de trois bons citoyens, non suspects de terrorisme, nous avons placé ces deux hommes, même avant leur arrivée, l'un à l'Institut national , Tautre à la haute préture et ensuite au tribunat. Ce sont deux loups dans la bergerie, deux anarchistes déterminés. Ils ont débuté par ^e plaindre de la tutelle où Ton tient le gouvernement romain ; ont déclaré que cela était contre l'intention à eux bien connue du Directoire exécutif et de tous les bons patriotes de France. Ces propos n'ont pas le sens commun, mais ils peuvent acquérir du crédit auprès des Romains peu éclairés. Bruner nous a demandé ses frais de route depuis Paris jusqu'ici : nous les lui avons refusés. Ceracchi réclame quatre cent mille francs. Comment se fait-il que de tels aventuriers aient surpris tant de recommandations? S'il se forme ici un parti anarchique, ce qui est toujours à craindre quand la guerre s'allume, ces deux hommes deviendront très-dangereux.

Rome, 23 floréal an vi ( 12 mai 1798).

Mon cher ancien collègue ,

La funeste nouvelle de Vienne nous a fait ici bien du mal« Il y a des révoltés depuis Viterbe jusqu'à Cita-di-Castello ; ils commencent à s'organiser en armée ; ils ont déjà un quartier général; ils font des proclamations : c'est un commencement

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