‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 67 sur 136 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

ces détails sur un seul homme, de ceux que je pourrais te donner sur plusieurs autres.

Dans le consulat ^ Yisconti seul est au courant de la chose ; mais il a souvent besoin, pour être écouté, d'être appuyé par la Commission. Le plus intelligent après lui est Reppi , qui vient de faire une sottise dont nous ne Taurions pas cru capable. Il a fait prendre par le consulat un arrêté portant destitution d'un fonctionnaire public auquel il n'y avait rien h reprocher, et le remplacement de ce fonctionnaire par le fils de Reppi lui-même, jeune homme de dix* neuf ans. Le public a vivement murmuré contre cet arrêté. Nous avons exigé que le ûls de Reppi donnât sa démission , et celui qu'il devait remplacer est resté en place. * . . Pour Texécution de la loi qui supprimait plusieurs couvents , le consulat , au lieu de se servir des corps administratifs, a nommé des particuliers parmi lesquels il y avait deux tribuns. L'administration départementale, que la loi chargeait de plusieurs fonctions relatives à cette suppression , a écrit circulairement à ces commissaires, pour leur donner des instructions, des ordres, et même pour les mander auprès d'elle. Les deux tribuns ont trouvé que c'était manquer à la représentation nationale ; ils ont dénoncé l'administration départementale au tribunat , qui Ta mandée à sa barre. Il nous sera facile d'arrêter les suites de cette affaire ; mais elle prouve combien l'ignorance du système constitutionnel pourrait entraîner de bévues et de discordes Cette ignorance

rend l'existence du chef extrêmement dangereuse, quoiqu'il soit, en général, composé d'hommes bien intentionnés, et finira par donner de la consistance et de l'ascendant au parti anarchique, qui n'est encore presque rien.

Nous avons terminé les opérations relatives aux objets d'art. Nous aurons de quatre cent cinquante à cinq cenls caisses, et nous vous enverrons des états de ce qu'elles contiennent en livres, manuscrits, médailles, antiques, tableaux, marbres , statues , gravures, poinçons et caractères. La Bibliothèque nationale, l'Imprimerie et le Muséum feront de trèsriches acquisitions. Nous avons pris, pour le transport, une

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mesure qui nous a séduits, parce qu*elle ofifre Tavantage d'éviter toute dépense au trésor public et à la caisse de l'armée. Il n'y aura pas un sou à débourser : le payement con> sîstera dans la cession de biens nationaux , acquis à la France sur le territoire romain. Il est vrai que la valeur des biens demandés par la compagnie qui se charge de ce transport, est énorme, puisqu'il s'agit de dix-huit cent mille francs. Nous vous envoyons le traité^ où nous avons tâché de prendre, pour la République, toutes les sûretés possibles. Vous êtes à temps d'examiner ce marché, et de choisir entre cette cession de biens- fonds et une dépense de sept à huit rent mille francs au moins qu'il y aurait à débourser pour ce transport. Vous sentez que les biens ne se vendraient ni tout de suite, ni pour leur valeur réelle. Le poids des objets à transporter est de trente mille quintaux.

Salut et amitié.

P. S, On achève les costumes coloriés; on travaille aussi à une carte : nous avons été obligés de revenir sur les divisions territoriales, afin de rectifier beaucoup d'erreurs que le défaut de bonnes cartes et l'inexactitude des renseignements qu'on nous avait donnés , nous avaient fait commettre. On s'est disputé ici les chefs -lieux tout comme en France, et nous avons été. trompés par beaucoup d'hommes qui n'étaient guidés que par des intérêts de localités. Le pays est d'ailleurs difficile à distribuer , à cause des montagnes et des autres obstacles physiques. La population est aussi très-inégalement répartie sur le territoire. -

Rome, 7 prairial an m (26 mai 1798).

Mon cher ancien collègue, ,

Le citoyen Florent est occupé à vous écrire sur l'affaire de Matera ; ce n'est qu'une affaire particulière, mais elle est d'une extrême importance. Vous ne souffrirez pas que l'autorité militaire insulte avec audace un gouvernement que vous avez établi, déclare ses actes arbitraires , et prononce qu'il n'y avait

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