‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 81 sur 136 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Celait trancher la difficuUé avec l'épée d'Alexandre. Trofe traits de plume firent justice de cet article. Lebrun proposa une rédaction plus mode- ^ ^ rée; elle était ainsi conçue : « Dans le cas de révolte ouverte ou de troubles imminents, le Corps législatif est autorisé à suspendre, dans les départements révoltés ou en proie aux troubles , les lois constitutionnelles.

« Si le Corps législatif n'est pas assemblé , le gouvernement, dans les mêmes cas, pourra suspendre ces mêmes lois, à la charge de convoquer le Corps législatif. »

M. Daunou soumit une troisième rédaction , de laquelle il résultait que certaines dispositions constitutionnelles spécialement désignées pourraient seules être temporairement suspendues par une loi , dans les déparlements révoltés ; et qu'en cas de vacance du Corps législatif, il devrait être convoqué dans le plus court terme possible j pour régulariser l'arrêté du gouvernement, qui, en ce cas, tiendrait lieu de loi.

Cette disposition fut adoptée, mais avec cette modification que, dans les circonstances prévues, on suspendrait la constitution entière.

Quoique M. Daunou |)ùt paraître timide dans les habitudes ordinaires de la vie, jamais il ne recula devant l'accomplissement d'un devoir, quelque danger qu'il y eût dans cette manifestation; lors de la discussion de la constitution de l'an viii surtout, il déploya un noble courage; car itluttait,pour la liberté expirante, contre un homme qui ne déguisait pas sa pensée de dictature.

IQO DOCUMENTS BIOGRAPHIQUES.

M. Thihaiideaii nous apprend que M. Daunoii, obligé de rédiger des dispositions qu'il n^approuvail pas , écrivait souvent d'une main ce que la majorité avait décidé, et votait de l'autre contre cette décision '.

Ces conférences, qui commençaient à neuf heures du soir, se prolongeaient jusqu'à trois heures du matin , et M. Daunou, qui demeurait à la bibliothèque du Panthéon , regagnait tristement son domicile, en songeant aux libertés déjà sacrifiées, et à celles qui devaient l'être encore.

La position de rédacteur de la constitution donnait une grande influence à M. Daunou, et c'était à qui lui fournirait des notes et lui demai>derait protection. Il reçut, en cette occasion, une lettre assez curieuse de Hugues Maret, depuis duc de Bassano. Nous allons la transcrire ici.

«J'ai l'honneur de vous adresser, citoyen, une note dans laquelle j'ai rassemblé tous les motifs qui m'ont paru concourir à démontrer l'utilité constitutionnelle d'un secrétaire (TÉtat. Mon intérêt personnel entre pour peu de chose dans les motifs de ma démarche. Mais mon dévouement au premier consul que la constitution doit dpnner à la République, excite trop mon zèle pour ne pas me rendre avide de tous les moyens de sucées. 11 en est un , citoyen, que je serais heureux de m'assurer, et que j'obtiendrais si, à votre opinion sur l'utilité de l'emploi , se joignait de votre

» Le Consulat et l'Empire, 1. 1 , p. io3.

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