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pari une bienveillance vivenienl désirée par la personne qui parait destinée à le remplir.
«Agréez, etc. Hugues B. Maret.
« 19 frimaire an viii. »
M. Daunou ne crut pas devoir insérer la fonction de secrétaire d'Étal dans la constitution ; Mais Maret ne tarda pas à obtenir ce qu'il désirait, car il fut nommé, le 4 nivôse suivant, à celte fonction, que, du reste, il a remplie avec une incontestable distinction.
Lorsque la discussion d^ la constitution fut terminée, et qu'il s'agit de uonmier les consuls définitifs, il se passa une scène étrange, qui n'a été rapportée encore par aucun historien.
Les commissions intermédiaires étaient réunies pour la dernière fois. On y ouvrit un scrutin, afin de savoir qui aurait le plus de voix pour être consuls définitifs. Ce scrutin n'était , il est vrai , qu'une pure formalité, car tout avait été préparé à l'avance pour que les noms des trois personnages convenus entre les meneurs sortissent vainqueurs de l'urne. On savait néanmoins que Daunou, qui, le 11 frimaire, avait été nommé président de la commission des Cinq-Cents, aurait un certain nombre de voix. Avant le dépouillement, Bonaparte dit qu'il fallait mieux s'en rapporter au suffrage unique de Sieyès; puis il jeta dans le feu les bulletins contenus dans l'urne sans qu'il en fut fait lecture. Sieyès désigna alors Bonaparte pour premier consul , Cambacérès pour le second , et Lebrun pour le troisième.
Leurs noms furent insérés dans la constitution. Il avait été convenu d'abord, entre Bonaparte^ Sieyès et les principaux acteurs de ces événements, que Daunou serait troisième consul ; mais l'énergie avec laquelle il défendit les principes de liberté, lors de la discussion de la .constitution , leur Ht changer d'avis. Bonaparte, d'ailleurs, rêvait déjà une cour , et il faut convenir que Daunou n'avait rien de Tallure d'un courtisan. Ces diverses circonstances concoururent à faire revenir sur ce qui avait été arrêté, et l'on s'y prit de la manière que nous venons de rapporter, pour le priver même du petit nombre de suffrages qui auraient pu lui être donnés.
Quoi qu'il en soit , la constitution fut décrétée le 22 frimaire an viii(i3 décembre 1799)» et mise en activité le 4 nivôse (^5 décembre) suivant.
Les hommes éminents qui avaient pris une
part active à tous ces événements furent répartis entre le Sénat, le Conseil d'État, le Tribunat et le Corps législatif.
Daunou n'avait pas quarante ans; il ne pouvait donc être sénateur. Il fut nommé conseiller d'État ^ Les émoluments de cette place avaient été fixés à 26,000 francs. Il devait en même temps être chargé de la direction de l'instruction publique; mais il refusa. Il prévoyait que le Conseil d'État deviendrait l'instrument souple des volontés du premier consul , et il préféra entrer au Tribunat, quoique
> Moniteur du 6 nivôse an viii.