‹ Documents biographiques sur P.C.F. DaunouChapitre 83 sur 136 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

le (raitemeiU fûl beaucoup iiioins élevé, parce que dans ce poste il pouvait espérer de défendre encore les droits du pays. 11 était d'ailleurs convaincu que rintention de Bonaparte, en le nommant conseiller d'État, était de l'envoyer au Corps législatif soutenir des projets de lois directement opposés à ses opinions, ainsi qu'il le fit à l'égard de plusieurs républicains, et notamment deFourcroy.

Le Tribunat tint sa première séance le 1 1 nivôse, et Dauaou en fut nommé président à la presque unanimité (soixante -seize suffrages sur soixante-dix-huit ).

Une des premières lois soumises à l'examen de cette assemblée , fut celle qui était relative à la division territoriale et aux administrations locales, loi qui nous régit encore aujourd'hui. Daunou fut nommé rapporteur de cette loi, et l'important travail qu'il fit en cette occasion fut tel qu'on devait l'attendre de lui'. 11 fit encore un rapport, dans la même assemblée, sur un message des consuls, relatif à la victoire deMarengo ^. Il résuma daujS son e^orde, à la manière antique, les principaux incidents de cette grande bataille. «Tribuns, disait-il, une seule journée rassemblant les vicissitudes, les désastres et les triomphes d'une campagne entière; une armée se précipitant du sommet des Alpes, et cherchant dans les périls mêmes d'une action décisive la récom- |)ense de ses fatigues surnaturelles; des ennemis

■ Séance du a 3 pluviôse an viii.

> Séance du 3 messidor de la même année.

valeureux attaqués dans une position forniiclable, et la fortune tant de fois incertaine dans le court espace de douze heures, qu'il est difficile de savoir le nombre des défaites et des succès; au milieu de cette vaste et sanglante confusion, chaque phalange républicaine, et, pour ainsi dire, chaque poignée d'hommes se distinguant par des prodiges particuliers et brillant de son propre éclat, au sein de la gloire commune ; le premier magistrat de laRépublique distribuant, au centre de l'orage , les couronnes qu'il enseigne à mériter ; près de lui un autre héros (Desaix), frappé à l'instant où la victoire se décide, et mourant sans être sûr que ses derniers efforts l'aient fixée, sans avoir appris que les places de l'Italie sont reconquises, que des jours plus sereins vont luire pour cette contrée, et qu'un armistice annonce à l'Europe le terme des calamités universelles : voilà les événements dont les consuls vous ont instruits, et qui ont excité, imprimé, confondu dans vos âmes tant de sentiments divers d'admiration, de joie , de douleur et d'espérance. »

Après avoir payé à Desaix le tribut de l'admiration publique, M. Daunou trouva moyen d'honorer la mémoire de quelques autres généraux républicains qui avaient succombé sur d'autres champs de bataille; Marceau, Hoche, Joubert et Caffarelli-Dufalga, «qui avait cultivé , dans le tumulte des camps, ces vertus sociales et ces lalents paisibles qui garantissent, qui étendent les fruits de la victoire. »

Le général Caffarelli-Dufalga , commandant du

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