CHAPITRE X. Î
mander à M. Daunou une continuation de Futile Abrégé chronologique de F histoire de France ^ par le président Hénault. Ce travail important fut commencé; mais d'autres occupations empêchèrent M. Daunou de le terminer.
Parmi ces dernières se trouvait l'édition de Boileau qu'il préparait, et qu'il a donnée en 1809. Boileau avait été l'objet constant des études de M. Daunou depuis sa jeunesse. Il publia en tête de cette nouvelle édition un excellent discours préliminaire et une vie du célèbre classique; il y ajouta des notes pleines de goût et d'une sage critique : aussi cette édition, qui fut stéréotypée, éutelle un grand nombre de tirages. M. Daunou l'a revue par la suite et l'a donnée avec de nouvelles améliorations, en 1826.
Mais l'ouvrage le plus important demande à M. Daunou par le gouvernement fut son Essai historique sur la puissance temporelle des papes. Voici à quelle occasion il fut composé :
Napoléon, en 1809, voulant porter un dernier coup à la puissance des papes , désira de s'éclairer sur les empiétements successifs au moyen desquels cette puissance avait grandi au détriment des souverains temporels. Il fit, en conséquence, venir, à la fin de novembre 1809, à Fontainebleau, 011 il se trouvait, M. d'Hauterive, archiviste du ministère des relations extérieures, et il lui dicta un certain nombre de questions sur lesquelles il fallait composer un mémoire explicatif des affaires du saint-siége. Ces questions étaient principalement relatives à la déclaration de 1682, à la
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fameuse lellre de Louis XIV, contenant sa réiractalion , aux rapports de M. Portails sur le concordat, etc. D'après la volonté de l'emppreur, le style de la dissertation historique devait être plutôt celui de l'ouvrage d'un homme d'affaires que d'un homme de lettres. M. d'Hauterive fit le mémoire; mais un ouvrage plus étendu fut demandé à André d'Arbelles, historiographe du ministère des relations extérieures, et publié par lui sous le litre de Tableau historique de la politique de la cour de Rotne, depuis f origine de sa puissance temporelle jusqti à nos jours '.
Mais cet ouvrage n'ayant pas paru susceptible d'obtenir beaucoup de succès , le gouvernement fit prier M. Daunou de composer un livre sur le même sujet. Personne , en effet, n'était plus versé que lui dans l'histoire ecclésiastique , et il devait apporter dans une composition de ce genre un esprit de critique calme et modéré qui ne pouvait qu'ajouter plus de force aux conséquences à en tirer. Comme la manière dont il devait traiter ce sujet rentrait dans ses opinions, il consentit à s'en charger. La première édition de Y Essai his^ torique sur la puissance temporelle des papes parut en un seul volume, au mois de février 1810. Elle répondit pleinement aux vues que l'on s'était proposées. M. Daunou n'attacha pas son nom à cet ouvrage. Pour en rendre l'origine plus piquante, il supposa que c'était la traduction d'un manuscrit espagnol , envoyé de Saragosse , où des Fran-
' Paris, Galland, i8ro, in-8^