‹ Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1759-1791 [microforme]Chapitre 118 sur 517 · EDOUARD VII, A · texte numérisé non relu

EDOUARD VII, A

Le gouverneur Murray aux lords du Commerce,

Quénec, 29 actobre 1764.

Mirorps,— Les pièces ci-incluses vous feront connaître |’ et la nécessité qui m'oblige d'envoyer M. Cramahé gneuries les renseignements les plus minutieux et | concerne “ette province. La situation semble exig doutes peu -ent se produire à l'égard de mes écrits et il peut se faire aussi qu'ils soient dénaturés (je constate que cela a eu lieu trop souvent), et les reta:ds inévitables qu'on casionnerait une Correspondance dans le but de faire ressortir la vérité, seraient peut. être dangereux. M, Cramahé Y suppléera de toute façon ; il est bien au courant de tout ce que je sais et je puis ajouter que Personne n'a plus à cwar que lui le bien «lu cette colonie et n’est plus dévoué au service du roi et que je ne pouvais choisir un homme plus intègre et plus soigneux,

Peu, très peu suttira à contenter les nouveaux sujets, mais rien ne pourra satisfaire les fanatiques déréglés ® qui font le Commerce, hormis l'expulsion des Canadiens qui constituent la race la Plus brave et la meilleure du globe peut-être, et qui encouragis par quelques privilèges que les lois anglaises refusent aux catholiques romains en Angle terré, ne manqueraient pas de vaincre leur antipathie nationale à l'égard de leurs con. quérants et deviendraient les sujets les plus fidèles et les plus utiles de cet empire

hr américain.

Je me flatte qu'il ÿ aura moyen de trouver un remède, même dans les lois, pour améliorer le sort de ce peuple et je suis convaincu que le sentiment populaire en Angle. terre approuverait l'adoption d’une telle mesure et que le bon cœur du roi pourrait sans crainte suivre ses inclinations à cette fin. J'ai l'espoir aussi que mon royal maître Approuvera la décision unanime de Son Conseil, d'établir des cours de justice, 4 sars quoi il n'eut pas été possible d'empêcher’ un grand nombre de Canadiens d'émigrer ; en outre, je suis convaincu que si ceux-ci ne sont pas admis à faire partie des jurés et s'il ne leur est pas accordé des juges et des avocats comprenant leur langue, Sa Majesté perdra la plus grande partie de cette utile Population.

Je dois aussi faire remarquer à Vos Seigneuries qu'un lieute Montréal est absolument nécessaire, que cette ville est situé plus populeuse de la province, qu'elle est entourée par les nations sauvages et se trouve à une distance de cent quatre-vingts milles de la Capitale. C'est là que résident les prêtres les plus Opulents et que se trouvent la plus grande partie des nobles français : en sorte que c’est l'endroit où prendront naissance et où seront ourdis des intrigues contre nous.

Les dépenses pour l'entretien d’un lieutenant-gouverneur à cet endroit, ne seront as considérables et je suis positif que pendant quelques années elles n’excéderont pas

les que nous devrons faire pour entretenir des intelligences dans ce district. Un °mme d'autorité et d’assiduité Pourra par des observations, une fois sur les lieux, répondre à ce bssoin. Mon dévouement au service de Sa Majesté et la conviction acquise me portent à déclarer que M. Cramahé est l’homme le plus Propre à remplir cette charge :

je suis au moins certain qu'aucune autre nomination ne serait plus agréable aux nouveaux sujets,

etat actuel des affaires ici à Londres ? pour porter à Vos Soi * plus précis au sujet de tout ce qui er immédiatement un remède, Ls

nant-gouverneur À e au cœur de la partie la

! Archives canadienres, vol. Q 2, p. 283.

M, H. T. Cranuhé remplissait la charge de secrétaire civil du district de Québec depuis la nom nation du général Murray au poste de lieutenant-gouverneur aprés la conquête, Lorsque le Canada, suivant l'exemple des colonies plus anciennes, manifesta le désir d'avoir un agent à Londres, M. Cramah: fut choisi pour remplir cette charge, au mois de février 1764. Cette nomination, cependant, paraît ne

avoir été faite. Lorsque le &ouvernement civil fut établi au mois d'août 1764, M. Cramahé fit partie du premier Conseil de la province,

* Cette lettre et les ient les ‘elations tendues, même les inimi

Fes personnelles qui existaient entre le Bouverneur Murray et l'élément ex "nmercial anglais dans la colonie et qui furent cause du rappel du gouverneur.

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J'ai l'honneur d'être avec le plus grand respect et la glus grande déférence, de Vos

Seigneuries, le plus humble et le plus obéissant serviteur, signé) JA : MURRAY.

Les lords du commerce et des plantations,

P,S, J'ai été informé que MM. Will” Muckenzie, Alex! McKenzie et Will" Grant ont sollicité leurs amis de Londres d'engager Vos Seigneuries à les faire admettre membres du Conseil de Sa Majesté, de cette province, Je crois qu'il est de mon devoir, en cette occurrence, d'informer Vos Seigneuries que le premier des trois est un contrebandier notoire, en même temps qu'un turbulent ; que le deuxième est un homme sans vigueur et sans caractere et que le troisième n'est qu'un jeune homme entêté, En somme, il sera impossible de faire de la besogne avec eux.

(Signé) JA : MURRAY.

Les lords du commerce et des plantations.

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