‹ Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1759-1791 [microforme]Chapitre 119 sur 517 · PÉTITION DES COMMERCANTS DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

PÉTITION DES COMMERCANTS DE QUÉBEC

A Sa Très-Excellente Majesté le roi.

L'humble pétition de: très fidèles et des très loyaux sujets de Sa Majesté, en leur nom et aux noms de leurs concitoyens, habitants de la province de Québec de Votre Majesté,

PLaist À VoTREe MasEsré.

Confiants dans la sollicitude et la protection paternelles que Votre Majesté accorde mème aux plus petits et aux plus éloignés, nous sollicitons humblement la gracieuse attention de Votre Majesté à l'égard de nos griefs et de nos embarras.

Nous espérons que Sa Majesté sera heureuse d'attribuer les motifs qui nous font approcher de son trône avec des plaintes désagréables, au zèle et au dévouement qui nous attachent à la personne de Sa Majesté et au gouvernement ainsi qu’à notre désir de jouir des libertés et des privilèges que Votre Majesté a toujours accordés à ses fidèles sujets.

Pour la plupart, nous sommes établis dans le pays depuis la reddition qui a été faite de la colonie aux armes de Votre Majesté. Depuis cette époque nous avons largement participé au progrès de la mère-patrie en contribuant au développement de ses manufactures, par une importation considérable de leurs produits et en nous appliquant à surveiller et à encourager les intérêts commerciaux de cette province, en vue de la rendre prospère,

Nous nous sommes soumis sans murmurer au gouvernement militaire, si oppressif et si intransigeant qu’il fût, en espérant que le temps nous accorderait un gouvernement civil qui mettrait fin au mal.

Nous avions l'espoir de jouir avec la paix, de tous les bienfaits des libertés britanniques et de recueillir avec bonheur les fruits de notre industrie ; mais nous perdrion: aujourd’hui l'espoir d'obtenir ces désirables résultats si nous ne pouvions compter sur la bonté si connue de Votre Majesté.

Les anciens habitants de cette contrée, appauvris par la guerre, n'avaient pour se procurer les choses nécessaires qu'un papier-monnaie ? d'une valeur très douteuse. Cette condition jointe à la guerre des sauvages # qui a suspendu notre trafic à l’intérieur pendant deux ans, a causé beaucoup de dommage à notre commerce.

Nous n’attendons l'amélioration de l’état actuel que de Votre Majesté, et nous ne doutons pas que les conseils de Votre Majesté, dans leur sagesse, donneront un certain cours en temps opportun, à ce papier-monnaie et verront à ce qu’il soit payé sûrement et régulièrement ; et nous ne doutons pas non plus que la force des armes de Votre Majesté ne mette fin à cette guerre, par une paix avantageuse et durable.

! Archives canadiennes. Vol. B8, p. 6. à * Ue papier avait été émis par les intendants sous le régime français, surtout par le fameux Bigot, le

dernier intendant. Le rachat de ce papier-monnaie par le gouvernement français fut le sujet de négociations spéciales,

ébellion de Pontiac.

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