C. YORKE
14 avril 1766,
Endossé :—Rapport du procureur général et du solliciteur général au sujet du gouvernement civil de la province de Québec, 13 mai 1766.
Lu au comité; et ordre est donné au conseil du commerce de préparer, en confor- ‘mité du dit rapport, un projet d'instructions additionnelles, etc.
CONSIDÉRATIONS SUR LA NECESSITE DE FAIRE VOTER UN ACTE ! PAR Le PARLEMENT POUR REGLER LES DIFFICULTES SURVENUFS : DANS LA PROVINCE DE QUEBEC (PAR LE BARON MASERES) LON. : DRES, PUBLIEES EN L'AN MDCCLX VL.
Les difficultés qui sont survenues au sujet du gouvernement de la provin ce de Québec et qui vraisemblablement se produiront encore, en dépit des meilleures intentions de ceux que Sa Majesté a chargés de l'administration des affaires de crt*e colonie, sont si multiples et si sérieuses qu'elles causent les plus grands embarras et les plus grandes craintes aux officiers auxquels Sa Majesté a confié la charge des principaux départements de ce gouvernement et qu'ils désespèrent d'y apporter une solution, sans l’aide d’un acte du parlement pour appuyer et justifier leur conduite. Il s'agit de maintenir dans la paix et l'harmonie et de fusionner pour ainsi dire en une seule, deux races qui pratiquent actuellement des religions différentes, parlent des
. langues qui leur sont réciproquement étrangères et sont par leurs instincts portées à préférer des lois différentes. La masse des habitants est composée ou de Français originaires de la vieille France ou de Canadiens nés dans là colonie, parlart la langue française seulement et formant une population éva luée à quatre-vingt dix milles âmes, ou comme les Français l'établissent par leur mémoire, à dix milles chefs de famille. Le reste des habitants se compose de natifs de la Grande-Bretagne ou d'Irlande ou des possessions britanniques de l'Amérique du Nord qui atteignent actuellement le chiffre de six cents âmes. Néanmoins si la province est administrée de manière à donner satisfaction aux habitants, ce nombre s’accroitra chaque jour par l’arrivée de nouveaux colons qui y viendront dans le dessein de se livrer au commerce où à l’agriculture, en sorte qu'avec le temps il pourra devenir égal, même sup“ rieur à celui de la population française. Les Français sont presque tous ca tholiques romains ; à l'époque de la conquête de cette province il ne s’y trou aiè que trois familles protestantes et ce nombre n’a sans doute pas augmenté, car il ne s'est fait aucun travail de conversion parmi les Français. Mais ce qu'il y à de plus à déplorer c’est qu’ils sont fanatiquemont attachés à la reli
| gion du pape et regardent tous les protestants avec un œil de haine.
1 Francis Maseres fut nommé procureur général de la province de Québec dans les premiers jours di more 1786, nission, octroyé de Québec en vertu de lPautorité du gouverneur Carleton,
soit datée du 2: . Ces ‘considérations’ furent écrites par Maseres avant son départ pour Québec.
Il est intéressant non seulement de prendre connaissance de la teneuré de ce document, mais de le compa
| rer avec les autres matières importantes publiées par la suite par le même au sujet du gouvernement et
des lois de la province de Québec. Ce volume contient des fragments qui donnent une idée des propos: tions qu'il fit par la suite et des discussions auxquelles il prit part.
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