EDOUARD VII, A
derniers. Sans compter les troupes, il y a actuellement dans la colonie, deux ou trois colons nés sujets britanniques. Le nombre et l'influence de ces derniers augmente: tous les ans avec le développement du commerce, si les lois sont bien faites et mis exécution avec discernement et sil est possible de s'exempter d'un gouvernement : taire où de le contrôler, En effet, malgré l'indolence naturelle et l'ignorance du peur ainsi que sa présente pauvreté ; malgré les prétendues ditiicultés au sujet de la à gation de la rivière Saint Laurent dans toux les temps, à cause des récifs et de
de sable, diticultés amplitiées par l'inexpérience * où ln politique des Franca t malgré les six mois. Ÿ au moins pendant lesquels cette rivière est fermée à la navie par les glaces, lorsque nous considérons l'augmentation prodigieuse de ln population cessive fertilité du district de Montréal, la salubrité de l'atmosphère et les vastes : du Canada capables d'alimenter nos chantiers maritimes et de fournir du bois de con tion aux Indes occidentales et à la mère patrie, lors tirer de l'élevage des bêtes à cornes, des mout peuvent être réalisés avec la laine, 1
ue nous considérons les profits à 1 ons, des chevaux, des cochons et ceux qui es grains, le chanvre, le lin, les fourrures, la pota le fer, etc, de même que la situation du fleuve Saint-Laurent si propre à la pêche +10: la formation d'un nouvel essai de navigateurs, —toutes choses auxquelles le gouvern ment français, absorbé entiérement par des opérations militaires, accorda peu d'atter tion,—il est raisonnable de croire que ces avantages concourront à faire de Québe le temps, lePétershbourg ** de l'Amérique du Nord,
Il est établi sur des renseignements très exacts que les importations de la Gra ‘à Bretagne dans la colonie, ont atteint dans l'espace d'un an le chiffre de deux cent quarante mille louis sterling sans compter les importations d'Écosse, d'Irlande, de Indes occidentales et des colonies américaines ; de plus ce chiffre des importations à dt atteint jeu de temps après la conquête, alors qu'un gouvernement militaire avait donné lieu à des plaintes intenses et à une confusion indescriptible, Ce fut à cette époque aussi qu'un négociant qui était en même temps magistrat, importa des marchanilises Pour un montant de dix mille louis, en dépit de l'état de la province ravagée pa soldats qui incendièrent leurs casernes au mépris d'un acte du parlement en vertu duquel elles avaient été érigées pour le soulagement du public, et en dépit des obstacles à l'expansion du commerce, provenant de ja condition du peuple chez lequel Ia justice était administrée d'une facon sommaire par des personnes aucunement versées dans lu science des lois.
Si l'on tient compte que tous les faits ci-dessus énoncés s'appuient sur des téimoi gnages dont la valeur ne peut être mise en doute, et si l'on considère que malzré certaines plaintes qu'ils ont formulées, plaintes auxquelles un changement de maitres a naturellement donné lieu, les nouveaux sujets canadiens de Votre Majesté se sont soumis avec patience à des nouveaux règlements pendant treize ans, il nous reste à choisir entre deux conclusions : continuer la tâche entreprise sur des bases conformes aux habitudes et nu gouvernement de cette nouvelle contrée, où démolir ce qui a ele fait et restituer aux Canadiens dans leur intégrité, leurs anciennes lois et leurs anciens usages. Or, la dernière conclusion est aussi incompatible ave: le développement pro gressif des affaires qu'avec la politique de tout gouvernement civil qui, au lieu de rétro. grader doit s'adapter à l’état de choses existant lors de son intervention et tirer partie des circonstances pour aller de l'avant, car il ne lui est pas plus facile de s'arrêter à un moment donné que de commander au temps de suspendre sa marche, Les homines vont toujours de l'avant et comme eux les lois doivent progresser ; ici-bas toute constitution
* La marée se fait sentir jusqu'à Trois-Rivières. Des frégates se sont rendues jusqu'à Montreal au grand étonnement des Français qui considéraient qu'au-dessus de Québec, la rivière était navigable que pour des bateaux à rames,
t Le général Carleton rapporte que la rivière est à peu pres libre en mai.
tt Pécherie du loup-marin, p. 144 ibid, La pêche de la baleine pouvait donner une singulière activité aux colons et former un nouvel essaim des navigateurs, Le plan de pêcher de la morue sur les « du fleuve Saint-Laurent. Ibid p. 155.
** Ibi?, pp, 152, 193. L'extraction de bois des chênes d'une hauteur p les ; es les grandeurs, est facile par le fleuve Saint-Laurent et les innombrab rivières qu'il reçoit. Ce
pays avec quelques soins et du travail pouvait fournir la France entière, des voiles, des cordages, du bray, du goudron.
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de gouvernement semblable en cela aux rivages de la mer rongés par l'agitation des cléments s'améliore où perd du terrain d'un côté ou de l'autre.
A la suite de ces propositions, il semble nécessaire de considérer les cousséquences politiques suivantes, c'est-à-dire que le fait de démolir ce qui a été accowpli, après la publi cation de la proclamation de Votre Majesté et de plusieurs ordonnances auxquelles celle-ci a donné lieu de même qu'après ln transmission des commissions et des instrue tions et l'établissement de cours de justice, diminuerait, non seulement dans l'esprit des Canuliens mais aux yeux de toute l'Europe, l'opinion a ‘ceptée à l'égard de la dignité, de la sagesse et de l'autorité du gouvernement de Votre Majesté. D'un autre côté, le fait de bvrer de nouveau la colonie à ses principes et à son esprit militaires équivaudrait à restituer celle-ci à la France,
Les vues du enbinet français sont mises au jour par le compte rendu transmis par le gouverneur Carleton an sujet des otliciers d'origine canadienne qui out servi durant la dernitre guerre, et qui sont surtout cxntonnés en Touraine * et supportés par le gouverne ment français avec une augmentation de paye et le remboursement de tous arréraves.
Quant à un système militaire, rien ne peut mieux paralyser | esprit cominercial qui se fai jour et qui seul peut rendre l'acquisition du Canada de quelque utilité à la Grande-Bretagne, Le commerce ne peut atteindre un degré de perfection que dans un pays où il pe rencontre pas d'entrave et dans un atmosphère libre : il faudra à peine le réclen nter, car il ressemble à une plante délicate, si on la touche elle tremble et si on la presse elle meurt, Je préfère me servir ici du langage figuré, plutôt que de développer les résultats des pouvoirs militaires qui ont été exercés dans cette colonie pendant une cer taine période et de citer des preuves à ce sujet. Il n'est jamais dans l'intérêt d’un gouvernciment, si despotique qu'il soit, d'opprimer le commerce : un tel gouvernement ressem blerait au sauvage insensé qui souperait l'arbre pour cueillir le fruit. Jusqu'à présent la province * du Canada n'a été qu'un établissement onéreux et embarrassant pour le gouvernement français qui s'est plutôt servi de cette colonie pour la réalisation de projets politiques que pour donner de l'essor au commerce de pelleteries. On s'est surtout occupé dans un bat offensif d'en faire une place d'armes pouvant servir de point d'appui à une chaine de forts destinés à harasser les colonies anglaises et on à profité de sa sitiation et de ses communications avec les lacs jusqu’à une distance avancée vers le bas du Mississipi, pour s'accaparer le commerce et contrôler tout l'intérieur du vaste continent américain. 1] résulte de ce fait que sur le terrain politique, la comparaison entre Minorque et le Canada à été faite sans discernement ; les considérations qui doivent nous guider et les conséquences qu'il faut prévoir dans l’organisation du Canada, ne sont pas les mêmes, En effet, les situations relatives des deux contrées sont entièrement différentes 3 autant vaut comparer le Canada au rocher de Gibraltar ou au fort d’une garnison afr'caine,
Si le Canada devait plus tard appartenir de nouveau à la France par suite du manque de prévoyance du gouvernement britannique, à un moment où la France ou un autre pouvoir posséderait une force équivalente à la nôtre sur mer, il en résulterait peut étre la conquête de toutes nos colonies américaines, ou l'établissement d’un empire indépendant par suite d'une révolte générale des colonies, à laquelle le Canada par sa situation servirait de point d'appui, tandis que ce pays muni d’une bonne organisation peut devenir une source de profits pour le commerce de la Grande-Bretagne. Les Indes occidentales et ls Inde: orientales sont le tombeau de nos meilleurs marins tandis que la navigation de l'Amérique septentrionale et les pêcheries de cette contrée leur fournissent leurs moyens d'existence. En outre, le Canada peut, d’une façon inépuisable, fournir des homraes à la tation et des approvisionnements pour la marine.
Le gouvernement de Votre Majesté devra s'occuper avec soin de ne laisser arriver en Angleterre que des matières brutes pour être manufacturées ici et d'imposer des droits élevés sur les exportations.
. * Voir la lattye d Plement n°1, pp, 67, € ! Voir la lettre de Carleton À Shelburne, 25 novembre 1767, p. 170. F Histoire pailosophique, ibid. p, 143. Tous les objets ne produisaient au fix en 1747 qu'un revenu de deux cens soixante mille deux cens livres. Ibid. p. 149, les dépenses annuelles du gonvernem nt pour le Canada après l'époque de 1719, n'eurent plus de bornes,
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