‹ Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1759-1791 [microforme]Chapitre 74 sur 517 · EDOUARD VII, A · texte numérisé non relu

EDOUARD VII, A

Nord, par l'intermédiaire des commerçants anglais. Si les Français n’avaient pas concentré entièrement dance leurs nains le commerce des produits européens avec les sauvages, ils en avaient accaparé le contrôle et ce commerce avait une telle importance, que les commerçants de New-York aimaient mieux vendre aux habitants du Canada les produits d'Angleterre et les articles manufacturés de même provenance, destinés au trafic avec les sauvages, que de courir le danger de se voir priver de ce commerce qu'ils jugeaient si profitable, en trafiquant. directement avec les sauvages euxmêmes. Une enquête instituée à ce sujet en 1721, par le conseil du commerce de Votre Majesté, nous apprend que plusieurs marchands de Lon‘lres adoptèrent cette étrange manière de juger la situation.

Un autre avantage acquis par le dernier traité, consiste dans la colonisation assurée de toute la côte de l'Amérique du Nord, aussi avantageuse par ses produits que par les facilités d'installation, depuis l'embouchure du Mississipi jusqu'aux frontières des établissements de la baie d'Hudson, Cette immense étendue de terre sur le bord de la mer, une fois exploitée par des émigrants laborieux d'Europe ou des anciennes colonies de Votre Maiesté, dont les populations débordent, fournira une grande varié'é de produits. Avant la dernière guerre, il est certain que plusieurs des anciennes colonies de Votre Majesté paraissaient être surpeuplées ; dans quelques colonies, cette densité de la population était due à son extrême accroissement et c’est à l'augmentation du nombre qu'il fallait attribuer en partie dans certaines colonies, l’étroitesse des frontières, mais il fallait surtout en chercher la cause dans le monopole des terres tombées entre les mains des spéculateurs par suite de concessions extravagantes et injudlicieuses faites par quelques-uns des gouverneurs de Votre Majesté ; concessions qui obligèrent un grand nombre de sujets laborieux de Votre Majesté à chercher du travail dans les manufactures à cause des prix élevés qu'on demandait pour les terres (cependant ces sujets se seraient de préférence livrés à l’agriculture) ou àémigrer de l’autre côté des montagnes, où ils se trouvaient exposés aux irruptions des sauvages et aux hostilités des Français. La Nouvelle-Fcosse, comprise dans ses justes et véritables frontières ainsi que la Georgie, pouvait contenir un nombre beaucoup plus grand que le nombre des sujets de Votre Majesté qui s’y trouvaient dans la situation désagréable que nous venons d'indiquer ; et leur concours aurait donné de l'essor au commerce et favorisé les intérêts de votre royaume. Mais les hostilités que les Français ont cherché à provoquer, premièrement en incitant les sauvages, leurs alliés, et plus tard en envoyant des troupes régulières en la Nouvelle Ecosse, et la crainte de semblaiïles calamités en Georgie de la part des sauvages et des Espagnols, ont paralysé iusqu'aujourd’hui le progrès de ces nouveaux établissements et les heureux résultats que nous avions le droit d'en attendre.

En traitant le sujet des pêcheries de la Nouvelle-Ecosse, nous avons déjà mentionné que cette province, par son étendue considérable, était propre à la formation d'établissements nombreux et prospères. Cependant le dernier traité nous assure encore un autre avantage qui contribuera à affermir la puissance de votre royaume et qui deviendra une source de profits pour vos sujets : nous voulons parler des matériaux que les nouvelles acquisitions sont en mesure de fournir pour les besoins de la marine, et surtout de ceux qui r avent servir à confectionner des mâts pour la marine royale, sans compter ce bois appelé généralement bois de charpente, si essentiel à la culture et au commerce des colonies qui produisent du sucre. Ces matériaux se trouvent en grande quantité et dans des conditions d'exploitation facile et avantageuse, dans toute la province du Canada, sur le lac Champlain et dans les parties de la Nouvelle-Ecosse dont la possession exclusive est maintenant assurée à Votre Majesté, Cet avantage acquis par le traité est encore

DOC. PARLEMENTAIRE No 18

plus précieux si l’on tient compte qu'une mauvaise administration et des gaspillages commis dans les bois de Votre Majesté en la Nouvelle-Angleterre et à New-York, ont arrêté presqueentitrement l'exploitation des mâts et des matériaux qui étaient expédiés d'Amérique pour la marine royale, sans compter que dans de telles circonstances le prix du bois de charpente s'est élevé sensiblement à cause de la nécessité d'aller le chercher à de grandes distances de l'océan et du manque de ports propres à l’expédier.

Quant à la province de la Georgie et à la Floride qui l’avoisine, il est probable que dans ces endroits des avantages encore plus appréciables qu'ailleurs résulteront du dévelor.ement des établissements désormais pai- Sibles que produira la “ession ae la Floride, en mettant fin aux embarras causés par les sauvages. Car il n’est pas douteax que l'indigo, la soie, le coton et beaucoup d’autres produits qu'on ne trouve aujourd’hui qu'aux Indes Occidentales pourront être obtenus dans ces climats ; ce qui donnera un grand essor à la colonisation de ces territoires. Le peuplem nt rapide et la cultur- des îles récemment acquises, mérite ut

la sérieuse attention de Votre Majesté, vu qu'ils augmenteraient le commerce du coton et des autres produits indigènes.

Il est bien reconnu que nos Indes Occidentales ont produit jusqu'ici une quantité à peine suflisante du premier de ces importants articles, pour répondre aux besoins de notre consommation croissante ; or, si nous considérons, qu'à l'exception de la Jamaïque, toutes les autres iles des Indes étaient entièrement cultivées, il devient évident qu’une acquisition de territoire était absolument nécessaire pour le développement de cette branche de commerce qui prendra une expansion considérable si les îles nouvellement acquises sont peuplées rapidement,

Le dernier avantage acquis par les cessions, que nous ferons remarquer à Votre Majesté, consiste dans l'acquisition complète du commerce de gomme à sur la côte d'Afrique, que les Français avaient réussi à monopoliser au moyer de la rivière Sénégal, dans l’accaparement d’une partie considérable de la traite des esclaves autrefois dans les mains des Francais et dans le commerce d’une variété d’autres produits que nous trouverons sans doute en poursuivant le: découvertes sur le cours de cette rivière,

Après avoir énuméré les principaux avantages des cessions qui ont été faites à Votre Majesté par la traité définitif, nous ferons remarquer hum- Dee blement à Votre Majesté, que ces avantages ne peuvent être obtenus et mis à profit que par l'établissement d’un gouvernement régulier dans tous les endroits où les efforts doivent avoir pour objet immédiat la colonisationet le $ peuplement ainsi que le trafic et le commerce. L'expérience et la raison dé. Ë montrent quedes gouvernements réguliers sont absolument nécessaires, pour ë inciter des nouveaux colons à s'établir sur des terres au ris que de leur per- À sonne et d eleurs biens et pour assurer aux anciens habitants la jouissance É des droits et des privilèges qui leur sont acquis par le traité, Pour la même Ë raison, il est également nécessaire, pour assurer la souveraineté de Votre Ma-

jesté et la tranquillité publique, de maintenir une force militaire considérable dans chaque gouvernement, jusqu'à ce que le développement de la popu- À è lation permette aux colonies d'entretenir leur gouvernement au moyen de ë leurs propres ressonrces. Comme il ne sera ni nécessaire ni possible d'éta- À

blir un gouvernement civil régulier dans les endroits qui ne seront habités et culti-és que temporairement, il faudra y assurer le commerce libre à tous > les sujets de Votre Majesté, au moyen de certains règlements et d’une adinit'itration de la justice nécessaires en pareil cas. Nous croyons que Terre- Neuve, où il n’y a actuellement qu’une pêcherie temporaire, se trouve dans cette situation et nous supposons que cette considération a induit Votre . Majesté à annexer la côte du Labrador à ce gouvernement. Le Sénégal appartient aussi à cette catégorie et nous supposons que “otre Majesté à

ie

Page 1