‹ Documents concernant la Normandie, extraits du "Mercure françois", 1605-1644Chapitre 6 sur 15 · IÔ · texte numérisé non relu

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Mort du sieur de Rie premier président au Parlement de Normandie. — Son epitaphe '.

Le 10 de ce mois (février) mourut à Rouen le sieur de Rie premier président au Parlement de Normandie. Ce grand personnage fut fort regretté pour la justice qu'il faisoit régner en sa splendeur sans corruption, et pour les louables et recommandables services qu'il a rendus au Roy et à toute cette province dans les troubles qui y sont arrivez, estant toujours demeuré ferme comme unecolomne inflexible en ce qui regardoit la manutention du repos public. Voicy le tumbeau qui fut dressé à sa mémoire :

« Miraberis, mundi vicem si cogites, viator, nostrum « Falconium lugebis, si perlegas. Mirum, inquies, imo « vanum est, humana sectari, ut vana, morti quandoque « non insistere, miserum. Infantes morimur, cum senes « nascimur; et magnâtes ad praedam evolant ut vultures, « perituris inhiant ut aeternis, proh pudor! momento « mare vertitur cum fluctibus, Reges evanescunt; quidni « et Regum sequaces in hoc saltem regibus adsequentur ut

et de son armée au cardinal de Richelieu. » C'est sans doute en raison de cet état de la Normandie qu'il fut interdit au ministre protestant, le sieur de Veilleux, de se rendre à Rouen, ce qui donna lieu à une vive polémique qu'on peut voir dans le Mercure, 1627, t. XIV, ire partie, pp. 261-268.

'T. XIV, 2e partie, pp. i5o-i52. —Le Mercure revient en i63o, t. XVI, p. 809, sur la mort de Faucon de Ris : « Aucuns curieux ont remarqué que depuis six ans en çà quantité de charges de premier président es Parlements de France ont esté renouvellées : à sçavoir celle de Paris, qui a vaqué par le decebs des sieurs de Verdun et de Haqueville, a esté remplie par le sieur de Champigny; celle de Rouen vacante par le decebs du sieur de Ris, remplie par le sieur de Frinville Faucon, maistre des requestes, et président au grand Conseil ; celle de Dijon vacante par le sieur de la Berchere le Goux, remplie pr.r son fils... »

« pereant? sed quid mortem revocare, quam nemo revote cat?Viventem intuere, non mortuum : nam heroum « gloria immortalis est cum hominibus, aeviterna cum « Angelis, aeterna in Deo. Si quasras qualis vixerit, quem « tegit hoc saxum? neminem appella praeter Regem, ut « scias quem tota Gallia noverit integerrimum, Neustria « fidelissimum, Rothomagus suum Alexandrum. Prae- « clare tecum agitur, o Héros invictissime, quod cœlum « non vi rapueris, sed meritis, ut luctus nostros non « videres, quos videre non poteras, ut justitiam colères. « Hoc nomini tuo debueras, ut te populus parentem « suum nominaret; hoc tibi debuerat populus, ut prius « fato cederet, ne cineribus tuis invideret. Sed quae invi- « dia ergate, tanto bono non invidere? si tecum periisset « invidia, quod bonum! Nobis superstitibus jucunda « virtutis tuas restaret aemulatio. Sed boni per te memi- « nisse juvabit. Languentes animos quoties de tumulo « in urbis nostrae visceribus suscitasti! maie sanos et « obduratos quoties ad petram allisisti! satis haec mémo- « riam tui praedicant; sed justitiam coronabunt viduae, « pupilli, divites, pauperes et alii penè innumeri, quos « silentium mortis obvolvat, futura saecula evolvent, haec « passim : risit humanos fastus, nunc ei celestis arridet « gloria. Benè est, vixit, sed bene, et quem dederat curie sum fortuna, peregit. Tu vero, frater, fratri tuo charis- « simus superstes, et excineribus fratris, ut phœnix renas- « cens gaude, et tuos bénigne contuendo, fratrem intuere ; « vivit enim in eis, ethi in eo, dum viveret, vixere. Ipsius « mementote, quotquot hic benevoli adstatis, precor sup- « plices exorare, et bene valere.

« Obiit 10 Februarii 1628. Vovet et dicat P. Inger a advocatus rothomagensis. ■»

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