Voyez M. Castelli, introduction, ch. m
3. M. Ëpstein, qui croit le Séfer Yesira fort ancien, veut qu'il ait été composé en Babylonie, en se fondant sur l'analogie des dix créations (ch. iv)avec les dix divinités assyriennes! — Pour la raison qu'invoque Saadya, voir la note sur la fin de son introduction.
4. M. Y^ellinek, se fondant sur une traduction erronée du ms. de Munich ,
qui a lu ^Uj ^! pour i^Ui' ^j-^, a cru que Saadya avait donné le texte du Séfer Yesira d'un bout à l'autre avant le commentaire.
IHTEODUCTION V
même que dans les autres textes. Dans ceux-ci, Touvrage est divisé en six chapitres (les deux derniers sont réunis chez Yehuda bar Barzillaï), le premier traitant des dix nombres, le second des vingt-deux lettres en général, le troisième des trois lettres principales, le quatrième des sept lettres doubles, le cinquième des douze lettres, le sixième contenant la conclusion. Chez Saadya Touvrage est divisé en huit chapitres^ Le premier chapitre, qui peut être considéré comme une introduction, établit un parallèle entre le monde et les nombres, entre les facultés de Thommeet les lettres. Le deuxième chapitre traite spécialement des rapports du monde avec les lettres. Le troisième s'occupe des propriétés des lettres et explique les noms divins. Le quatrième est un essai de cosmogonie qui est, en quelque sorte, le développement du premier paragraphe de la Genèse. Le Séfer Yesira montre comment Tair, l'eau et le feu se suivent dans Tordre de la création et produisent respectivement Tatmosphère, la terre et le ciel. Le cinquième chapitre détaille les productions des lettres principales et doubles dans le monde, le temps et l'homme. Le sixième chapitre en est la continuation pour les lettres simples. Le septième chapitre est un abrégé des deux chapitres précédents. Le huitième enfin reprend le même sujet, en y ajoutant ce qui se trouve dans les premiers chapitres et ajoute l'épilogue.
L'ordre du texte de Saadya paraît être Tordre primitif, parce qu'il est moins simple et moins mécanique. L'ordre des éditions est si commode que certainement on ne Taurait pas abandonné pour en suivre un autre plus compliqué et moins facile à retenir. Chez Saadya Tordre est plus rationnel, chaque chapitre forme un tout, et Ton n'y voit pas, par exemple, la cosmogonie détaillée et morcelée en trois ou quatre chapitres différents. La suite des chapitres, chez
1. Yehuda bar Barzillaï, qui avait sous les yeux une traduction défectueuse du commentaire de Saadya, se demande (p. 213) s'il y a un ordre chez notre auteur.
VI INTRODUCTION
Saadya, est logique; chez les autres, elle est mnémotechnique.
Néanmoins, si, dans l'ensemble, Tordre du Séfer Yesira, tel que le donne notre commentaire, est préférable, dans le détail il laisse parfois à désirer. Ainsi, dans le quatrième chapitre, les troisième et quatrième paragraphes interrompent l'exposé de la création et n'ont aucun rapport avec le reste du chapitre, mais ils forment la suite naturelle des paragraphes 4 et 5 du troisième chapitre. Le paragraphe 3 du chapitre m est la reproduction de la fin du deuxième paragraphe du chapitre ii; s'il faut supprimer l'un des deux passages, c'est certainement celui du deuxième chapitre, car ce chapitre traite des rapports des lettres avec le monde et non des lettres elles-mêmes.
A part ces quelques imperfections, et malgré les répétitions fastidieuses que présentent les derniers chapitres, nous tenons le texte de Saadya pour le plus ancien, d'autant plus que, sauf pour Tordre des chapitres et des paragraphes, il ne diffère de celui de Sabbataï Donolo et du deuxième texte de rédîtion de Mantoue que par quelques variantes peu importantes. Le premier texte de l'édition de Mantoue peut être considéré comme en étant l'abrégé*.