‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 157 sur 509 · Psaumes, xcii, G · texte numérisé non relu

Psaumes, xcii, G

4. Au temps de S. les idées des philosophes grecs s'étaient répandues parmi les Juifs et les Arabes (voyez Guttmann, Die Reli^iionsphilosophie des Saadia, p. lî>). Nous savons que les Motaziles admettaient que le mon le est formé d'atomes incessamment créés par Dieu. D'autre part, la doctrine de l'éternité du monde avait été reprise sur le philosophe earaïte Ibn-Awendi. Pour lui, la création n'était que la combinaison des atomes ou des éléments (voyez Furst, Knraerthum, i, p. 70). Ce qui est surtout curieux, c'est qu'on prétendait appuyer par la Bible toutes les théories des philosophes grecs. On sait que dans l 'Ainonnf^nw chapitre de la création, àS. énumère treize systèmes : 1'^ La création ex nihilo. 2^ Un créateur et des atomes coéternels. 3'^ Le monde tiré de la substance divine et des atomes, b^ Le dualisme. G» Le monde formé des quatre éléments primitivement isolés. 7« Le monde formé des éléments et d'une matière première. 8° Le monde formé par le ciel qui est un cinquième élément. 9® L'existence du monde due au hasard. 1(>^ L'éternité du monde. 11" Le système de certains sophistes : le monde est créé et incréé. 12" Le scepticisme : rien n'est vrai, sauf la sensation.

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quelconque, qu'elle a prise pour fondamentale, en traitant (l'erreur tout le reste. J'ai donc cru bon d'exposer, dans l'introduction (le ce livre, la substance de ces systèmes, le point capital des arguments par lesquels, à ma connaissance, chaque secte a étayo son opinion et le point que doit viser la réfutation qui me piiraît pouvoir être dirigée contre les systèmes attîiquables, jusqu'à ce que nous arriverons à parier du système qu'admet l'auteur de ce livre que j'ai entrepris d'expliquer. Je continuerai ensuite en examinant et en déterminant lequel d'entre (les systèmes) est le bon, afin qu'on le soutienne fermement, et j'espère que mon Créateur, le Cn^ateur de l'Univers, me donnera l'aide et la force (nécessaires) pour que tout soit bien et convenablement (exposé).

Je dirai donc que parmi ces neuf systèmes il n'y en a pas qui n'assigne une origine aux êtres hormis un seul et c'est le premier. Nous trouvons, en effet, en ce temps, des gens qui disent que les êtres n'ont ni commencement ni fin^, et les Ecritures prouvent qu'une théorie semblable a déjà existé dans les premiers temps, comme il est dit : Observes-tu le chemin de V éternité qu'ont foalt les (jeiu (V iniquité, lesquels ont été arrachés prématurément et dont la base est un fleuve qui s'écoide^? Le sens des deux versets est: Observes-tu la voie^ des partisans de l'éternité qu'a suivie la famille de l'iniquité, qui a été retranchée avant le temps et dont la base coule comme un fleuve?

13<» Le scepticisme absolu ou la sophistique. De ces treize systèmes, le premier, le deuxième et le dixième seuls se retrouvent ici. Comme il s'agit dans le Séfer Yesira d'expliquer l'origine du monde, S. s'est occupé spécialement des origines diverses assignées aux choses. Dans VAmanat il s'agit de prouver la création : aussi S. s'applique-t-il k réfuter tous les systèmes qui la nient. Nous ne croyons pas, comme M. Guttmann (ibid., p. 20, 49, 75^, qu'il faille supposer chez S. un proj^rèj subit entre le Séfer Yesira (écrit en 031) et VAmanat (écrit en 033). S. a appris de fort bonne heure la philosophie grecque, ainsi que le montrent ses commentaires sur le Pentateuque et les Proverbes, et ce n'est pas eu deux ans qu'il aurait acquis une connaissance approfondie du platonicifme. S. divise les systèmes conformément au but de l'ouvrage qu'il écrit, de même qu'il explique différemment les versets de la Hible suivant «ju'il écrit des commentaires ou des ouvrages de théologie. (Voir Introduction, p. viii-ix.)

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