‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 160 sur 509 · Ecclésiaste, i, 4. Cf. Amanat^ p · texte numérisé non relu

Ecclésiaste, i, 4. Cf. Amanat^ p

2. S. admet comme postulat que toute chose sur laquelle s'est toujours exercée lu coutingeucc doit être elle-même contingente.

3. Cf. Amamit, p. 41-48. C'est le système de Leucippe, de Dcmocrite et d'Épicure. (Cf. Guttmann, p. 45, n. 2, et 46, n. 1.) Les Motaziles admettaient aussi les atomes, mais créés perpétuellement par Dieu.

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petit. Et ils croient que lorsqu'elles ont été composées et réunies, il en est sorti les différents corps. Ils se divisent sur ce (système) en trois parties; et ils s'appuient, en général, sur ce qu'une chose ne naît que d'une autre chose, et ils appellent ce principe simple : l'élément, la mère, la matière, l'hylé.

Mais leur hypothèse est inadmissible rationnellement. D'une part, elle est contradictoire; car si la matière était coéternelle au Créateur — qu'il soit célébré et exalté! — elle ne se laisserait pas travailler par lui de façon qu'il la dirigea son gré : parce que leur éternité dans l'égalité implique qu'ils soient égaux en ce que chacun agisse sur l'autre ou qu'aucun n'agisse sur l'autre. D'autre part (elle est réfutée par) ses conséquences : car celui qui s'impose de ne pas croire à l'existence d'une chose qui ne soit née d'une autre, est astreint à croire qu'une chose simple ne peut naître que d'une chose simple, ni un composé que d'un composé, ni un objet chaud que d'un objet chaud, ni un corps froid que d'un corps froid, ni une chose humide que d'une chose humide, ni un corps sec que d'un corps sec. On pourrait lui laire la même comparaison pour les minéraux, les végétaux et les animaux. De sorte qu'il quittera cette deuxième opinion et arrivera à la première, qui est d'admettre l'éternité des (choses) visibles. Et dans l'Ecriture Dieu a dit : Aûisl a dit l'Éternel ton libérateur , Celm qui fa formé dans le sein (de ta vûre) : Cest moi l'Éternel qui fais tout, qui incline les deux, moi seuly et étends la terre de moi-même^ Et les mots : moi seul et de moi-même prouvent qu'il a tiré tous les êtres du néant.

Puisque donc nous avons montré la fausseté du principe (de ce système), nous avons par-là même détruit tout ce que ses partisans en ont fait découler. Ils se divisent, en effet, sur ce sujet en trois sectes, comme nous venons de le dire. Une secte soutient que tout cet élément éternel a été réuni et composé en entier par le Créateur, rien n'en est resté dans son état primitif, et c'est ce monde entier. Une autre dit que le Créateur ne l'a pas réuni entièrement, que ce monde en est une partie, et le reste est réservé

1. Isaïe, xLiv, 24; cf. Amanat, p. 32. Ici comme Ik-bas le texte porte TIMD ^wl est le Qerê, bien que le Ketib ^n^ ^q « qui est avec moi » aurait été encore plus favorable à la thèse de Saadya.

et subsiste dans son état de simplicité et de ténuité. Enfin une autre dit que tout a été composé, mais que ce monde n-est pas tout, qu'il en est sorti, au contraire, une quantité înnom-^ brable de mondes, et notre monde en est un^ Mais ces trois branches (du système) sont détruites, une fois que le fond même (du système) est renversé.

Et si quelqu'un pense que la parole attribuée à un de nos docteurs, à savoir que le Créateur — qu'il soit honoré et sanctifié ! — a créé dix-huit mille mondes comme le nôtre*, ressemble à cette troisième opinion, nous lui expliquerons que cela n'a pas de rapport, car celui qui a prononcé cette parole touchant les dix-huit mille mondes prétond que (Dieu) a créé chacun d'eux du néant^, et il ne dit pas que l'un d'eux ait été créé de quelque chose.

Beaucoup de philosophes, d'ailleurs, ont avancé une (idée) 8eml)lablc, quand ils ont dit qu'il y a autant de mondes que d'étoiles au ciel, puisque chacune, d'après eux, a une sphère contenant les quatre éléments *, et ils prétendent que les astres ne s'éclipsent les uns les autres que par suite de leur nature opaque et terreuse. Et si tu ne vois que du feu allumé, c'est à cause de la sphère de feu qui les entoure, et si la terrosité ne se montre pas, c'est parce que le feu la domine, de même que la (substiince) charbonneuse ne se distingue pas dans le charbon ardent.

Mais celui qui a dit : Dieu a créé dix-hmt mille mondes croit qu'il les a créés de rien ; et il donne comme mnémonique'^ le verset : Tout hVentour dix-huit mille (simplement) cl titre de signe. Mais notre nation n'est pas d'accord

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