‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 222 sur 509 · Ch. II · texte numérisé non relu

Ch. II

suite, il convient que tu saches, que tu discernes et que tu croies que le Créateur est un, et qu'il n'y en a pas d'autre, puisque devant l'Un tu ne peux rien compter.

Commentaire. — (L'auteur) dit quelque chose de plus pour (expliquer) le sens de belima (fermé) qui vient de : 'edyo lihlom {sa parure sert à lui fermer la bouche) ^ ] (ce mot) veut dire : Clos ta bouche et ton esprit pour ne pas parler trop, ni trop peu sur les (nombres-). Si quelqu'un objecte que le calcul mathématique n'a que neuf nombres parce qu'on met la dizaine à la place de l'unité de façon que 20 soit à la place de 2, que 30 soit mis pour 3, de même jusqu'à 90 pour 9; ensuite on met la centaine à la place de Tunité, 200 à la place de 2, et ainsi jusqu'à 1000 et au-delà, nous répondrons qu'il n'est possible de foire ainsi que pour les sig:nes des nombres numérés par écrit sur le livre, et quant à ce que (les mathématiciens) croient des nombres eux-mêmes, il n'y a pas de doute pour eux que les dix ont un rang que l'unité ne peut remplir; seulement on dit une dizaine, comme on dit une « cinquaine », un trio, etc. Si quelqu'un voulait inventer les figures de signes qui iraient jusqu'à cinq et se répéteraient ou qui ne se répéteraient pas avant d'atteindre quarante, on ne pourrait l'en blâmer. Mais le nombre parfait sur lequel est bâti (le calcul) c'est dix, ni moins, ni plus.

(L'auteur) dit donc, pour glorifier le nombre, que dans tout être existant, le commencement est partout où on le place, hormis dans le nombre, car son commencement est incontestablement l'unité et il n'est pas possible qu'il commence par autre chose. Il prend les objets existants pour exemple : c'est ainsi que nous voyons le feu dans le charbon, et que nous en prenons le commencement en quelque endroit que nous voulons, puisque sa forme est circulaire, de môme l'eau et de même la sphère et tous les objets sphériques. Si on commence la sphère par le Chevreau, c'est parce que les végétaux poussent au temps où le soleil y arrive. De même parfois on place le commencement de l'eau et du feu là où la vue l'atteint, mais la chose sphérique en ellemême, n'a pas, par nature, d'endroit initial. C'est pourquoi (l'auteur) dit : Leur fin est fixée dans leur commencement et leur commencement daii»s leur fin. La traduction de na'u^ est

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