‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 247 sur 509 · EzA'liiul, xxviii · texte numérisé non relu

EzA'liiul, xxviii

5. Nous ue savoiiâ de quel ouvrage sur le calendrier Saadya parle ici*

de départ la douzième heure*. De même ici la raison que je vais exposer pourquoi il est juste de mettre 2;M, (est fondée) sur l'explication de : Comment le^ a-t-ll multfplii^es^? Je l'expliquerai donc d'après (le principe) qu'il a posé. LV//^y avec toutes (/e? lettres) et toutes avec Valef, îe bet avec toute ? et toutes avec le bet, (etc.). Cette nmltiplication se trouve dans les villes de la Palestine et de rEorypte- les enfants récrivent dans le livre pour apprendre par l;i à épeler; et ce sont 22 (séries) qu'on appelle ranprées*. FA lorsque l'enfant les a apprises, il a appris par là même à tout épeler. La première rangée est : ", '/>, 'r/, 'rf, 'hy 'v, ':; jusqu'au tar; la seconde rangée est : &*, bg, bd, bh, bv, bz, b/j jusqu'au tnv; la troisième rangée est : g\ (jb, gg, gil, gh, gVy gz jusqu'au tav; il en est de même pour (V et h' jusqu'à t\ tb, ///jusqu'à la fin. En tout cela fait 22 multiplié par 22 ou 484; il faut en retrancher 22 mots qui ne sont pas des produits (d'une lettre avec une autre), à savoir : " de la première rangée, bb de la deuxième rangée, gg de la troisième, rld de la quatrième, parce que d avec d ne produit qu'une même figure dans l'air et qu'un seul mot dans la parole, et ils n'ont pas d'interversion, car si on les intervertit ils restent dans leur premier état; il reste donc 462. Mais de ces 462 on ne trouve que la moitié; car 'b qui est dans la première rangée est comme // qui est dans la seconde, puis 'g est comme g' qui est dans la troisième, \l est comme d' qui est dans la quatrième, et de même dans chaque série, et si tu fais le compte tu trouves que la moitié des lettres ne fait que reproduire l'autre moitié, c'est pourquoi il a dit : Et toutes tournent en cercle, parce qu'elles tournent en s'intervertissant. Or, lorsque tu prends la moitié de 462, cela fait 231, comme nous avons dit : (Les lettres) se trouvent sortant par deux cent trente et ufte 2)ortes. C'est un compte visible qu'on pourrait rendre sensible, si on voulait le faire avec des pièces de monnaie, ou en écrivant les rangées elles-mêmes et en les comptant. 11 est donc expliqué comment l'unité apparaît au-dessus do toute multiplication, c'est un indice pour l'Un, le Saint — qu'il soit loué et exalté !

1. La question est de savoir si ^^ TOU?D D^pSn ilï^h signifie « (595 parties de la onzi«*ine heure », ou « après onze lieures »; dans ce dernier cas il n'y aurait rien à corriger.

2. jJlJ ne se trouve pas avec ce sens dans les dictionnaires.

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Et j'ai entendu dire qu'un commentateur laissait cette faute telle quelle : Deux cent vingt et un, et cherchait à l'expliquer en disant que le total de ", '6, '/;, 'd n'est que 21, parce que '* n'entre pas dans la multiplication, puisqu'il tourne sur lui-même; ensuite il multiplie ces 21 mots qu'il a obtenus par 10, c'est-à-dire par les 10 nombres y cela fait 210; puis il y ajoute les 10 nombres, puis l'unité première, je veux dire VaUf, cela fait 221. Mais — que Dieu ait pitié de toi! — c'est un enchaînement et un tissu d'erreurs que (ce commentateur) a énoncées, parce qu'il ne connaissait pas la multiplication. L'erreur de son explication est manifesta pour cinq raisons : 1° Ce commentateur a multiplié ïalef avec toutes {les lettres), mais non toutes (les f étires) avec ValeP\ ensuite il n'a pas multiplié non plus bet avec toutes ni toutes avec betj ni guimel avec toutes, ni toutes avec guimel, ni ce qui vient après, il a seulement multiplié alef avec toutes. 2** Il a multiplié alef avec toutes par 10, or il n'y a aucune raison de les multiplier par 10; et l'auteur de ce livre ne l'a pas non plus commandé, il a seulement commandé de multiplier les (lettres) entre elles, comme il a dit : L alef avec toutes, le bet avec toutes, et n'a pas mentionné les 10 nombres; ce commentateur a donc négligé de faire ce qui lui ét^iit commandé et a fait ce qui ne lui était pas commandé. ^° II a ajouté h son produit les 10 nombres à part sans être multipliés par rien; or ici ce n'est pas le chapitre de l'abstraction mais de la multiplication; et s'il en était ainsi, il conviendrait d'ajouter aussi les 22 lettres isolées, et cela ferait 243. 4° Il a laissé le double a/ç/'sans le multiplier par 10, mais puisqu'il n'a pas multiplié (les lettres) entre elles et qu'il les a seulement multipliées par les 10 nombres, il n y a pas de raison pour laisser le double alef, puisqu'il est possible de le multiplier par 10, comme ont été multipliés 'b, g et Ul; et cela ne lui a pas sufii, il a fallu qu'il ajoutât Yalef isolé. 5° Il y a dans le livre même : Et toutes tournent en cercle; si on multiplie les lettres les unes par les autres, alors, par ma foi, elles tournent en cercle, mais si on les multiplie par les 10 nombres, on ne trouve pas du tout qu'eZ7e5 tournent en cercle. Je voudrais bien savoir ce qui reste debout de cette explication.

1. Saadya fait de même puisqu'il supprime «a» K:i = SM» IW> ®tc.

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Le but de l'auteur du livre, dans cette multiplication, est (de dire) que le Créateur — que sa mention soit exaltée! — en mettant en composition ces vingt-deux lettres au moyen de cinq procédés : en traçant, découpant, multt pliant , pesant, transposant, a créé tout ce qui a été et créera tout ce qui sera. En effet, lorsqu'il a tracé dans l'air des lignes droites dans des circonférences, des triangles et des carrés, et qu'il a tiré des lignes obliques dans des circonférences, des triangles et des carrés, il est résulté de ce que (ces lignes) se repliaient Tune sur Tautre des surfaces et des volumes, diaprés des modes merveilleux, d'où se sont formées toutes les figures. Et cela par la pénétration du bet dans le cjuimet, du dalet dans le hé, etc. C'est pourquoi ", hh, gg jusqu'à tt ne sont pas entrés dans cette multiplication, car si tu dis cent aie/il n'en résulte dans Tair qu'une seule forme, à savoir une ligne droite; et de même si tu disais cent bet il ne s'en tracerait qu'une forme unique ronde. Il est donc expliqué comment les formes se font par les lettres dans l'air. Mais nous n'arriverons par là à établir (cette formation) que dans notre esprit, et nous n'arriverons pas à la réaliser parce que cela appartient au Maître des mondes — qu'il soit loué et exalté! — C'est aussi pour cette cause que les savants commencent avec leurs élèves par les mathématiques et la géométrie, puisque ce sont les origines de la science.

Cinquième paragraphe. — Traduction : 11 a créé quelque chose non de quelque chose et a fait exister ce qui n'était pas, il a taillé de puissantes colonnes dans un air insaisissable.

Commentaire. — Nous disons : 11 a créé quelque chose non de quelque chose, et nous ne disor.s pas : 11 a créé quelque chose de rien, de même que nous traduisons : tôle %re^ "al belima : Il attache la terre non à quelcjuc chose, et nous ne le traduisons pas : Il attache la terre à rien. Nous avons là en vue que rien est une chose, alors qu'ici il s'agit de croire que le Créateur a produit l'air non de quelque chose, et c'est ce que dit l'auteur : Il a formé du vide une réalité.

Puis (Dieu) a produit dans r(air) par sa volonté, un mouvement qui n'avait pas été et qui alors a été. C'est le mot : Il a fait exister ce qui n'était pas. Enfin il a tracé des lignes droites puissantes, comme les lettres et les nombres, et c'est le mot : Il a taillé de yraiules colonnes.

(L'auteur) a pris, par figure, pour terme de comparaison,

celui qui se tient dans un emplacement lui appartenant, y trace un arpent sur un arpent pour telle habitation, un arpent sur deux arpents pour telle hôtellerie, deux arpents sur deux arpents pour telle forteresse. Puis il pose la construction et il bâtit comme il a tracé et comme il a fait le plan. De même, sans (prendre nos termes) au sens matériel et précis, nous dirons : le Créateur a tracé dans Tair la circonférence de la terre d'environ 20,000 milles*, et il a tracé pour chacun des astres de moindre grandeur un 122'^ de la terre, et il a tracé pour la lune un 39* de la terre ; il a tracé pour Vénus un SO*"-, il a tracé pour Mars une fois et demie comme la terre-, il a tracé pour les étoiles de sixième grandeur 18 fois comme la terre, pour celles qui sont de cinquième grandeur 54 fois comme la terre, pour celles qui sont de troisième grandeur 72 fois comme la terre, pour Saturne 91 fois comme la terre, pour Mercure 95 fois comme la terre, pour les astres de première grandeur 108 fois comme la terre et pour le soleil 166 fois comme la terre. Ces mesures ont été calculées par les savants anciens au moyen des instruments et des mathématiques, et ils nous les ont transmises. Louange donc au Créateur puissant et noble, (comme il est dit) : Les œuvres de V Éternel sont grandes^. Que tes œuvres sont nombreuses, ÉternélK (Dieu) a donc tracé ces lignes, il les a bâties et les a recouvertes et ornées en un clin d'œil; car, si nous détaillons ces actes, c'est pour nous en faciliter Tintelligence. Telle est l'explication de : colonnes puissantes, et d'une manière analogue il est dit : Les colonnes du ciel sont ébranlées et sont stupéfaites devant sa colirèK

Sixième paragraphe. — Traduction : En troisième lieu il a créé Teau de l'air; il a donc tracé et a séparé par là une sphère qui avait une périphérie et un centre-, en elle il y avait un mélange trouble d'eau et de boue, il en a fait comme un parterre^, puis comme un mur, puis comme un toit de

1. Cette mesure est relativement exacte, car le mille équivaut presque à deux kilomètres.

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