‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 266 sur 509 · V. le Privilegium Theoderici · texte numérisé non relu

V. le Privilegium Theoderici

4. La Chaîna Goffridi comilis Andegavorum pro fundalione monasterii S. Trinitatis in Castro Vinddcino a été publiée par Teulet, Layettes du trésor des Chartes, t. I. p. 18, sqq., n" 16. La version de Teulet dilTère très peu de la forme donnée par la charte n° 2 du Cartulaire ms. delà Trinité de Vcnrfdme transcrit par Salmon (Bibl. nat. n. a. 1., no 1232). On la trouve encore publiée par Launoy à la tète de son traité intitulé Inqiiisitio in privilegio Vindocinensis (J, Launoii opéra, t. III, p. 322-324).

rite du Saint-Siège de Rome. Le pape devenait en quelque sorte V ordinaire de la communauté exempte. Son approbation seule validait les élections abbatiales ; son autorité seule décidait des affaires diverses qui pouvaient se produire dans le monastère; c'était lui qui percevait la redevance annuelle par laquelle étaient désormais remplacés les anciens droits matériels dont jouissaient les évêques en échange des services qu'ils rendaient aux congrégations religieuses et en vertu de l'autorité qu'ils possédaient sur elles. Geoffroi Martel ne voulut pas que son abbaye de la Trinité manquât d'une cause aussi active de prospérité que l'exemption; il la déclara donc investie d'une immunité complète, et la donna en propriété pleine et entière au successeur de saint Pierre. L'étude qui suit n'est guère que l'analyse détaillée des conditions d'une clause de cette sorte, et de ses effets sur ceux qui en profitaient ou qui en souffraient.

La maison mère de la congrégation, la Sainte-Trinité de Vendôme, semble avoir joui paisiblement des divers privilèges qui lui avaient été concédés par le comte d'Anjou, pendant le démi-siècle qui sépara sa fondation de l'avènement de Geoffroi à la direction de l'abbaye. On voudrait bien savoir de quelles constructions se composait celle-ci et quelle était la répartition des divers locaux du monastère, lorsque Geoffroi devint abbé de la Trinité en 1093, mais ces renseignements font défaut. Ce qui reste aujourd'hui, en dehors de l'église, est peu de chose; cependant on voit encore dans la rue qui conduit du centre de la ville de Vendôme à l'église de la Trinité des vestiges des anciens magasins du monastère datant du xi* et du xii® siècle*. Ces débris, avec une petite elle qui remonte à l'origine même de l'abbaye, subsistent seuls de l'époque qui a précédé la prélature de Geoffroi. Qu'il ait, devenu abbé, travaillé à l'agrandissement et à l'embellissement de son monastère, c'est une circonstance fort vraisemblable, quoique sa correspondance ne fournisse

1. On voit encore, il est vrai, des constructions étendues ayant fait partie du monastère et occupées par une garnison de cavalerie. Mais, ces divers corps de bâtiments, sauf la chapelle primitive qui, remaniée au \\w siècle, subsiste, datent d'époques postérieures au \w siècle et n'ont rien à voir avec le temps dont il est ici question.

aucun renseignement sur ce sujet, et que les chartes vendômoises qui ont été conservées ne soient pas beaucoup plus explicites. La magnifique église que possède encore Vendôme a été construite du xii^ au xv* siècle; sa partie la plus remarquable, le clocher de Tancienne abbaye de la Trinité, qui se dresse, isolé, à quelques pas en avant de Tédifice, date du milieu du xii® siècle*. Une tradition en attribue la construction à Tabbé Geoffroi, et puisqu'il ne mourut qu'en 1132, il se peut qu'il fût en effet Tinspirateur de ce chefd'œuvre d'architecture. Un fait plus certain est la consécration par le pape Urbain II en 1096 d'une chapelle au monastère même de Vendôme; elle venait sans doute d'être élevée par le nouvel abbé de la Trinité ^ Avec l'activité qu'on le verra apporter à toutes les questions de gestion matérielle, Geoffroi n'a pu négliger le soin de la maison à laquelle étaient attachés des privilèges aussi importants et aussi variés que ceux dont jouissait l'abbaye, et où ne dédaignèrent point de séjourner deux des plus illustres représentants du Saint-Siège: Urbain II et Paschal IV.

Cependant il eût été médiocrement avantageux à la congrégation affranchie de posséder pour centre une propriété riche et étendue, si son action avait dû se borner à Vendôme ou aux environs immédiats de cette ville. Tout grand monastère possédait au loin des terres nombreuses; peuplées de serfs sujets de l'abbaye, elles étaient administrées par des moines délégués par l'abbé et dirigées par un prieur qui n'avait d'autorité, au spirituel et au temporel, que celle qui lui était déléguée par ce même abbé. L'abbaye de Vendôme n'avait pas échappé à cet usage ; elle possédait bon nombre de prieurés, dont il convient d'indiquer ici brièvement la position.

1. Sa flèche en pierre s'élance à 80 m. au-dessus du sol. Lesclochers isolés du corps de l'église se rencontrent dans plusieurs grandes abbayes de la région de la Loire, à Saint-.\ubin d'Angers, à Saint-Florent, à Marmoutiers (P. Joanne : La Loire [188'*], p. 187). On a supposé qu'ils représentaient les droits de juridiction temporelle des monastères.

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