Chroniques d^Anjou, I
4. V. Histoire littéraire, VII, 57 sqq. et Beaugendre : Venerabilis Ilildeberli et Marhodi episcnpi Redonrnsis opéra, p. 1383.
tain Guillaume, qu'il reprend sur une opinion théologique \ et un archidiacre d'Angers, Gamier, qu'il traite de son « très cher nourricier* », mais ces personnages ne sont pas autrement célèbres. On peut dire cependant que l'influence de Marbode se faisait encore sentir à l'école d'Angers au moment où Geoffroi y étudia. Ce ne fut qu'en 1096, lors de son élévation au siège épiscopal de Rennes, que Marbode quitta l'église de Saint- Maurice', de soute que Geoffroi put le connaître et le voir souvent pendant son séjour à Angers. Il peut donc être compté pour un des maîtres du futur abbé de Vendôme.
Marbode a assez écrit, tant comme traités d'instruction que comme œuvres de théologie, ou compositions de pur agrément, pour qu'on puisse prendre chez lui quelque idée de la culture qui se donnait alors à Angers. On le fait d'autant plus facilement que les écrits du prélat n'ont point un grand cachet d'originalité personnelle. On observe en premier lieu la faveur dont jouissaient, dans les écoles épiscopales, les auteurs anciens*. Les poésies de Marbode sont remplies d'allusions aux fables de la Grèce et de Rome. La philosophie antique lui est familière ^ On voit même les souvenirs classiques se mêler chez lui aux traditions religieuses ; il place facilement Clytemnestre, Progné, Circé et les Sirènes à côté de Jézabel et d'Athalie*. Hildebert évêque du Mans, qui avait étudié à Angers, se conformait à ces procédés littéraires. Le caractère de Rome, restée capitale religieuse de l'occident chrétien après avoir été métropole du vieux monde latin, expliquait suffisamment ce mélange intime de deux cultures d'origines et de tendances diverses. Quelques vers d'Hildebert témoignent de la conciliation des sentiments païens et chrétiens qui s'était faite, grâce à la grandeur de Rome. « Tu n'es que ruines, s'écrie le poète en s'adressant à la ville