‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 274 sur 509 · Cf. éd. Beaugendre, p · texte numérisé non relu

Cf. éd. Beaugendre, p

éternelle, et cependant rien ne t'égale encore. Tombée, tu montres ce que tu étais prospère*. » Puis donnant la parole à Rome elle-même, Hildebert dit encore : « Mes citadelles sont abattues ; les palais des dieux ne sont plus ; mon peuple est devenu esclave; mes guerriers ont dégénéré. A peine suis-je ce que je fus; moi Rome, à peine puis-je me rappeler l'antique Rome ; ma chute a été si profonde que j'ai oublié ma grandeur passée. Mais j'aime mieux ma détresse présente que mes gloires anciennes ; pauvre et tombée, je suis plus grande que je ne l'étais haut élevée et prospère. L'étendard de la croix m'a valu plus que l'aigle impériale, Pierre que César, et un faible peuple que des guerriers ceints de lauriers ^ » La poésie se termine par ces mots : « Les uns par leurs exploits et leurs lois m'avaient acquis le monde ; seule la Croix m'a donné le ciel' ».

Geoffroi pouvait donc apprendre à connaître et à estimer les maîtres classiques, Tesprit de l'enseignement donné à l'école d'Angers étant favorable à ces études. Il a montré par la suite qu'il était assez familier avec plusieurs des auteurs anciens; dans le commentaire qu'il composa sur les psaumes, Geoffroi a cité Térence, Horace, Juvénal et Lucain *. Il faut reconnaître cependant que ces citations sont rares chez lui ; on n'en retrouve aucune dans ses lettres et opuscules : à peine relève-t-on dans sa correspondance quelques traits ou quelques expressions empruntés à l'antiquité ^ Si Geoffroi n'a point fait un usage plus ordinaire des connaissances qu'il avait acquises en cette matière, ce n'a point été par ignorance, mais par goût et d'intention arrêtée. Elevé par des

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