Cf. Pasquier, op. cit., p
4. V. sur la légende de Théophile les Acta Sanclorum des Bollandistes au 4 février (t. I de février, p. 483 et s.) et sur les formes sous
à cette fable parait une circonstance assez propre à avoir inspiré le prédicateur.
C'est dans la manière de parler de la femme qu'on trouve surtout à faire un rapprochement entre Marbode et Geoffroi. La crainte et la suspicion de la femme étaient tellement répandues dans le clergé et résultaient si naturellement de Tobservation du célibat, qu'il n'est point surprenant de retrouver dans les écrits ecclésiastiques le même fonds commun de sentiments sur cette matière. Mais c'est par l'expression et la forme que l'analogie est frappante. Le procédé de Marbode pour prouver l'influence néfaste de la femme est bien simple; il recueille quelques-unes des légendes bibliques et classiques où la compagne de l'homme joue un rôle peu honorable ; il rapproche ces exemples et il tire sa conclusion. Voici par exemple quelques vers de Marbode sur ce sujet : « Qui conseilla à notre premier père de goûter du fruit défendu? La femme. — Qui poussa un père à souiller ses filles? Des femmes. — Qui fit périr l'homme fort après l'avoir dépouillé de sa chevelure ? Une femme. — Qui tranche la sainte tête du juste? Une femme ajoutant à l'inceste de sa mère son propre crime plus grand encore \ » etc. L'auteur ayant rappelé ainsi les fautes d'Eve, des filles de Loth, de Dalilah et de Hérodiade, pasîje à Bathséba, Athalie, Ciytemnestre et à d'autres. Voici maintenant de quelle manière semblable Geoffroi, sans employer ni les vers ni aucune réminiscence païenne, fait un raisonnement aussi victorieux: « Je me méfie, dit-il, du sexe féminin. C'est la femme qui a empoisonné notre premier père; C'est elle qui a fait trancher la tête à Jean-Baptiste ; qui a livré le vaillant Samson à ses ennemis; qui a mémo, en quelque sorte, été cause de la mort du Sauveur, puisque, à moins que la désobéissance d'Eve n'eut rendu nécessaire la rédemption des hommes, notre Seigneur n'aurait point souffert*, » etc. On remarquera que les deux auteurs apportent les mêmes preuves à l'appui de leur sentiment. Un troisième écrivain, Hildebert du Mans, qui avait aussi passé par l'école
lesquelles elle s'est répandue en Occident une note de Jubinal, Œuvres de nutebeul\ II, 260, sqq.