CHAPITRE IV
l'bsprit monastiqub
Geoffroi entra comme moine à la Trinité dans un moment où le monachisme était dans toute sa force ; devenu bientôt abbé de sa congrégation, il s*exerç.a à répandre le goût de la vie religieuse et à en vanter Texcellence . Il semble qu'à cette époque où il y avait une grande unité de croyance en matière de dogme, le monachisme, mieux que le reste, permit à Topposition des intelligences et à la différence des tempéraments de se manifester. L'Église ne se distinguait pas seulement de la société laïque ; dans ses rangs, le clergé régulier s'élevait contre le clergé séculier; et parmi les moines eux-mêmes, apparaissaient sans cesse de nouvelles manières d'être. Ce monde chrétien était assez vivant pour avoir moins d'uniformité qu'il ne s'attribuait ou même qu'il ne recherchait, et son élément le plus actif était alors le monachisme.
L'Anjou, la Bretagne, le pays chartrain étaient parmi les régions de France où les congrégations religieuses se multipliaient le plus rapidement. La vogue y était extràordinairement à la vie régulière. Les écrivains de ces temps en parlent avec enthousiasme. « Il y avait, dit par exemple l'auteur de la vie de S. Bernard, fondateur de Tabbayede Tiron, sur les limites du Maine et de la Bretagne, de vastes espaces déserts qui commencèrent à fleurir comme une autre Egypte par la multitude des ermites qui s'y étaient retirés et y habitaient chacun leur cellule; on y trouvait de saints hommes très fameux par Texcellence de leur religion \ » La plupart de ces solitaires ne tardèrent pas à se réunir en congrégations. » Dans le nombre de ces hommes, Continue l'hagiographe,