Pasquier, op. cit., p
en toute vérité que, loin d'être une honte pour Tabbaye, toi et ceux que tu m'as expédiés vous Thonorez très convenablement. De plus, celui qui t'a dit faussement ce que tu me rapportes a parlé mal, moins de toi que de moi, puisque c'est moi qui volontairement et sans contrainte de ta part ai reçu ceux que tu as arrachés au monde et que tu nous as associés ^ »
Le zèle de Geoffroi pour la cause de l'Église régulière s'est manifesté trop souvent et trop fortement pour qu'on suspecte le motif de ses vœux pour l'extension du monachisme. Mais on remarquera que si la congrégation de la Trinité s'accroissait à cette propagande en nombre et en valeur morale et intellectuelle, elle y trouvait aussi un grand avantage matériel. On n'exigeait en principe, de ceux qui cherchaient à être admis dans un monastère, autre chose que la foi chrétienne, les dispositions propres à la vie religieuse et une conduite d'accord avec elles. « Notre ordre, dit GeoflFroi, demande que nous donnions tous nos soins, non au gain temporel, mais au profit des âmes*. » Néanmoins il était rare qu'un novice se présentât les mains vides, s'il pouvait faire autrement : « les richesses aussi avaient leur place ; » quelques abbés en étaient tellement persuadés que dès cette époque ils repoussaient les prosélytes qui ne leur apportaient point une somme suffisante. « J'aime mieux, continue GeoflFroi, la pauvreté et l'honnêteté que la fortune et l'orgueil chez un homme ; néanmoins, si les richesses se trouvent avec le mérite, elles ne sont pas à mépriser, car elles aussi ont leur place. Nous ne demandons rien pour la réception d'un moine, néanmoins, quand il apporte quelque oflfrande avec lui, la règle ordonnant qu'on l'accepte, nous l'acceptons ^ » On ne pouvait mieux ni plus discrètement se recommander à la générosité de ses prosélytes, ni trouver une meilleure raison pour chercher à en faire, de l'avis de la plupart des moines. En cette matière les habitudes ont été les mêmes à Vendôme qu'ailleurs ; de quelque manière ou à quelque moment qu'on entrât à l'abbaye,