‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 300 sur 509 · GEOFPROI ET LES PRIEURÉS DE L* ABBAYE · texte numérisé non relu

GEOFPROI ET LES PRIEURÉS DE L* ABBAYE

L'abbé du moyen âge n'est pas seulement directeur spirituel de sa congrégation, il est encore propriétaire foncier et administrateur temporel. L^enrichissement de ceux qui se prétendaient les pauvres du Christ s'accrut surtout au xi® et au XII® siècles ; la plupart des ecclésiastiques du temps ne distinguaient pas entre les progrès de Tesprit chrétien et rintérét de leur cupidité satisfaite ; il leur paraissait que s'ils étaient riches et heureux, Tétat de TEglise ne pouvait être que prospère. La gestion temporelle se liait d'une manière indissoluble aux préoccupations morales. Les prieurés sont à la fois de petits groupes spirituels et des colonies d'exploitation qui dépendent de la maison principale. Le bon abbé est celui qui accroît et qui gère habilement les propriétés de son monastère *.

Geoffroi n'a pas pensé à blâmer cette confusion de soins d'ordre différent. Eùt-il été opposé au sentiment du plus grand nombre de ses contemporains en cette matière, qu'un fait l'aurait obligé à se montrer défenseur particulièrement zélé des biens de la Trinité ; c'est qu'il en était l'administrateur non point simplement pour la congrégation du lieu, mais pour l'Eglise romaine et pour saint Pierre, dont Vendôme était la propre possession. Au demeurant, les privations de la pauvreté n'eussent point été du goût de l'abbé exempt dont on redoutait les visites coûteuses et la suite nombreuse *. Par tempérament encore, Geoffroi aimait les soucis mondains

1/ V. la Chronique de S. Martial de Limoges : éd. Soc. Hist. France, p. 11-13. On tient d*ailleurs pareil compte aux évêques qui enrichissent leur église. Cf. p. ex. la notice nécrologique d*Ives de Chartres dans le Gallia Christiana, t. VII, p. 1133.

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