‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 301 sur 509 · G. Vind. ep., III, 16; IV · texte numérisé non relu

G. Vind. ep., III, 16; IV

qu'entraînait toujours avec elle une grande gestion temporelle ; à une condition seulement il eût mis fin à des agitations continuelles peu conformes à la vocation monastique ; c'était que ses adversaires fussent écrasés et les moines de Vendôme maîtres et victorieux. « Au temps de vos prédécesseurs, écrit-il à Paschal II, nous avions la paix et le repos ; nous pouvions alors combattre pour Dieu, et nous n'étions point accablés par les soucis du siècle. Si quelque ennemi cherchait à nous faire tort, il voyait anéantir ses funestes projets aussitôt conçus. Mais aujourd'hui nous sommes harassés d'ennuis et en proie aux vexations *. »

Les conditions dans lesquelles avait été fondée l'abbaye de la Trinité étaient telles qu'elles assuraient sa prospérité. Néanmoins, s'il en faut croire Geffroi de Vendôme, l'état matériel du monastère était assez peu brillant sous ses prédécesseurs. « De leur temps, dit-il, l'Eglise de Rome avait peine à obtenir môme le simple cens annuel de douze sous*. » Cette assertion paraît peu solide ; Geoffroi lui-même en a contredit la teneur en d'autres occasions. Rappelant au duc d'Aquitaine les revendications de sa congrégation, il dit : « Les abbés qui m'ont précédé ont reçu de la main généreuse de vos prédécesseurs des biens riches et opulents, et les ont possédés leur vie durant sans aucune peine. Mais moi, qui ai beaucoup travaillé et dépensé pour la prospérité de ces possessions, je les trouve pauvres et elles le deviennent de plus en plus tous les jours par la mauvaise volonté de vos prévôts*. » La meilleure portion des dépendances de l'abbaye, « celle dont nous vivons pour ainsi dire », écrivait Geoffroi*, se trouvant sous la suzeraineté du duc d'Aquitaine, et ayant, de l'aveu de l'abbé, prospéré sous ses devanciers, on s'explique malaisément le désarroi qu'il prête à leur gestion. Il était important que les premiers abbés eussent su vivre d'accord avec le pouvoir laïque et « tenir leurs biens sans aucune peine leur vie durant ». Bernon, prédécesseur de Geoffroi, se vit confisquer un prieuré par Guillaume d'Aquitaine, pour

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