‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 306 sur 509 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LES CONFRATERNITÉS RBLIOIEUSBS

L'autorité abbatiale était fermement assise à l'intérieur des monastères. Pour qu'elle en put sortir, s'étendre au large dans l'Église et sur la société entière, devenir une des grandes puissances de l'époque, il fallait que ceux qui en étaient investis se soutinssent les uns les autres, se sentissent des intérêts communs, travaillassent à se rapprocher en face de leurs rivaux du monde laïque et du clergé séculier. Tous les membres de l'Église régulière devaient être pénétrés de la fraternité qu'établissait entre eux la haute mission à laquelle ils s'étaient voués.

Isolées, soumises à des règles diverses, sans un centre de ralliement universellement reconnu, les congrégations religieuses éprouvèrent ce besoin de rapprochement. De diverses manières on chercha à faire le rassemblement des forces monastiques éparses. La tentative unitariste de Cluny faillit réussir. Cluny voulut être aux autres monastères comme une abbaye mère à ses prieurés. Dévoué au Saint-Siège, ce monastère eût alors accompli le rapprochement et Talliance des deux clergés, régulier et séculier, par l'effet d'une double centralisation à son profit et au profit de Rome. Mais les résistances particulières des abbayes jalouses de leur autonomie ont empêché l'œuvre cluniste d'aboutir.

Vendôme a connu ces efforts de Cluny. Indépendante dès sa fondation, la Trinité pouvait cependant, de par la volonté de Geoffroi Martel, être mise sous l'obéissance d'un abbé tiré de Cluny, au cas où la congrégation vendômoise se fût trouvée dépourvue de religieux digne de la diriger*. Une pareille mesure était propre à exposer l'abbaye à une conquête morale

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