‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 307 sur 509 · Charte de fondation : Teulet, Layettes^ etc., I · texte numérisé non relu

Charte de fondation : Teulet, Layettes^ etc., I

et effective par le monastère bourguignon. Mais la fondation du comte d'Anjou ayant prospéré, la clause touchant l'emprunt d'un abbé, qui était comme une mesure extrême, ne fut point appliquée. Les Clunistes n'intervenant point dans les affaires de la Trinité, les deux abbayes avaient entretenu de bonnes relations jusqu'à l'avènement de Geoffroi; les liens d'amitié personnelle qui unissaient le nouvel abbé à Hugues, chef de la congrégation de Cluny, accrurent encore cette concorde. Hugues était généralement estimé et Geoffroi professait pour lui une vénération toute particulière. <r Je n'étais point digne, dit-il, d'être son serviteur, et par son affection il fit de moi véritablement un âls\ » Il établissait l'abbé de Cluny juge de ses affaires dans des termes qui rappellent le style dont il usait auprès du Saint-Siège : » C'est à vous que j'en ai appelé, et c'est à vous que j'en appelle toujours'. » Les dispositions de Geoffroi pour Hugues s'étendaient à toute la congrégation dirigée par celui-ci : « Le seigneur Hugues nous a uni à lui-même et au monastère de Cluny*. » L'abbé de Vendôme comptait même que cette amitié l'attachait à Cluny plus intimement que n'eût fait la sujétion de son monastère à Tabbaye bourguignonne. Henri, abbé de Saint-Jean-d'Angély, dirigeait une maison soumise aux Clunistes ; il était alors en lutte avec Vendôme. « Chacun de nous est votre fils, dit de lui Geoffroi réclamant auprès de Hugues, mais Henri ne l'est que par profession verbale; moi je le suis par l'entier dévouement du cœur \ m Enfin l'abbé de la Trinité use, en parlant de Cluny, des plus fortes épithètes d'admiration : « J'ose l'appeler un lieu de béatitude et un nouveau paradis terrestre'. » Ces formules étaient alors à la mode sur la matière parmi les partisans du Saint-Siège et de la réforme religieuse. Jean de Crémone, discourantau concile de Reims de 1119 sur les mérites de Cluny, y parla a de la louable bonne odeur de gloire dont Cluny parfumait le monde entier, et de l'exemple de sainteté que cette abbaye offrait avec tant de bonheur à ceux qui

i. IV, 2.

Page 1