‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 309 sur 509 · Cf. IV · texte numérisé non relu

Cf. IV

pas semé, se saisir des propriétés, des châteaux et des villes de ses voisins, enlever aux pères leurs filles et leurs femmes aux maris, en un mot se rendre maître de tout ce qui ne lui appartient pas\ » On sent sous ces termes la crainte des empiétements de la grande abbaye ; ce n*est point Geofi'roi qui se fût prêté à subir la domination cluniste et quelques résistances comme celle qu'il fit à Pons, sur un petit détail, suffisaient à entraver l'œuvre unitaire de Cluny.

Le principe d'affiliation n*a pas été le seul suivi pour amener un rapprochement entre divers groupes ecclésiastiques : on a recouru dans l'Eglise séculière comme dans TEglise régulière aux actes d'association. Les confraternités d'abbayes correspondaient aux associations de chapitres. Cette sorte d'alliance comportait une union spirituelle et quelquefois temporelle*. Les abbés ou les moines qui arrivaient dans un monastère associé jouissaient des mêmes droits que dans leurs propres communautés. D'une abbaye à l'autre, on célébrait la fête des patrons des congrégations alliées et les décès des abbés associés; des rouleaux mortuaires portés chaque année à travers les monastères unis par ces relations avertissaient des pertes que chacun avait faites et demandaient pour les défunts les prières de leurs frères. Lorsque les conventions stipulaient pour les contractants des avantages matériels réciproques, les confraternités ressemblaient à des institutions de secours mutuel. Au demeurant, elles étaient de teneur fort variée, tantôt individuelles au lieu de collectives, tantôt même établies entre une congrégation et un membre de l'Église séculière.

L'abbé de Vendôme entra dans plusieurs de ces unions ; l'une d'elles fut avec Cluny. Voici la formule de son association : « Moi, père Geoffroi, humbleabbé du monastère de Vendôme, je suis venu en présence du seigneur Hugues, vénérable abbé de Cluny ; je lui ai demandé de m'accorder l'association et la confraternité de son monastère et de tout le troupeau que Dieu lui a commis, afin que quoique indigne j'obtienne la vie éternelle par la prière de ces frères. L'abbé a reçu cette

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