Goffridi Vind. ep., IV
2. Cf. Pasquier: De sodalitatibus ad mortuos sublevandos medio aevo insh'iutis. Angers^ 1878.
demande avec bienveillance, y a volontiers accédé et a décrété par une décision solennelle que tant que je vivrais, si je venais à Cluny en son absence, j'aurais droit de présider à sa place au chapitre, à la table et à Tordre tout entier. Lorsque je mourrai, on agira pour le repos de mon aine comme pour un abbé, moine ou profès de Cluny; on célébrera trente messes ; on enverra les listes mortuaires et on y pçcueillera les inscriptions*. »
Cet acte était individuel ; il n'y était fait aucune mention de la congrégation de Cluny; peut-être même les honneurs particuliers de la vice-présidence accordée à Geoffroi ne pouvaient-ils être réclamés après la mort de Hugues, n'ayant été garantis que par lui : au demeurant, il n'y a pas de preuve que Geoffroi en ait jamais usé.
Un document semblable au précédent est la charte portant union entre le monastère de Vendôme et le monastère de Fontevrault. Une clause sur la congrégation de la Trinité lui donne un caractère collectif que n'a pas l'acte de Cluny. On y voit l'abbé payer la faveur d'être reçu dans la confraternité : voici comment s'exprime cette pièce : « Nous faisons savoir à ceux présents et à venir que le seigneur Geoffroi, abbé de Vendôme, a obtenu la familiarité et le bénéfice de ce lieu de Fontevrault avant et par-dessus tous les autres abbés. Après sa mort, chaque année, nous célébrerons solennellement son anniversaire. Quant aux frères de Vendôme, dont nous possédons la liste, nous ferons pour eux ce qu'ils feront pour nous. L'abbé, de son côté, a donné à notre monastère la redevance de sel qu'il possédait à Saint-Florent, et la lui a concédée à jamais. Fait au chapitre de Fontevrault, en présence de Geoffroi, abbéde Vendôme, et de notre maître Robert. L'an 1114, indiction 7**. » ^
1. Publiée pour la première fois par Mabillon et reproduite : par Holstenius : Codex regularum monasticarum (éd. Augsbourg, 1769), II, 89, et par Migne, P. lat., CLVII, p. 211. La traduction littérale des derniers mots est : avec Venvoi des brefs et Vannotation de la règle. En effet, copiés le plus souvent avec les martyrologes et les règles, les nécrologes prirent fréquemment ces désignations. Cf. L. Delisle, Des monuments paléographiques concernant Vusage de prier pour les morts, Bibl. Ec. Chartes, 2« sér., t. III, p. 631-411.