V. les formules des lettres à son adresse
« Mettez-y ordre, écrit-il à Henri ; je vous enverrais quelques mots sur le devoir de Thospitalité si je ne pensais superflu d'enseigner une Minerve*». Il est bien vrai que Geoffroi luimême a souvent trouvé chez ses confrères ecclésiastiques une réception tout autre que ne le commandait une charité mutuelle ; mais il semble que cela tint davantage à lui, au luxe de sa suite, aux dépenses que demandait son accueil, qu'à ses hôtes*. Geoffroi s'est plaint à l'abbé de Saint-Florent d'un affront subi dans une de ces circonstances : voici les termes de sa lettre : « A mon cher père dans le Christ» Guillaume, abbé de vie honorable, moi Geoffroi, humble serviteur du monastère de Vendôme, souhaitant qu'il ne néglige pas les soins de l'hospitalité par laquelle plusieurs ont été agréables à Dieu.
« L'Évangile nous avertit d'être aussi attentifs à l'avantage de notre proche voisin qu'au nôtre propre ; je ne puis ni ne dois donc vous cacher un fait contraire à l'honneur et à la bonne renommée de mon monastère. Allant dernièrement à Saintes, comme je vous en avais prévenu, je fus surpris par un orage terrible ; assailli par la pluie et les éclairs, je me suis détourné un peu pour trouver abri dans votre prieuré du Pin qui était à proximité. Là j'ai rencontré un moine Garin, cellerier, indigne d'occuper son poste, inhumain, esclave de son avarice. A peine avais-je entr'ouvert la porte que cet homme se met à grogner', et à nous lancer de mauvais regards de travers ; puis sans être retenu par la crainte de Dieu ni par le respect dû à mon rang et à mon ordre, il profère des paroles insolentes. Ce moine diabolique nous donne ironiquement le titre deMesseigneurs, et s'écrie: — Où entrez-vous ? Le prieur est absent ; nous ne ferons rien pour vous ; nous n'avons pas où loger vos douze chevaux. — Remarquez que les écuries de la maison sont assez grandes pour recevoir vingt chevaux. Il continue à parler de la sorte pour nous chasser : moi je faisais semblant de prendre tout cela en patience, quoique mes sentiments fussent bien différents, et me