Département des Deux-Sèvres, arrondissement de Malle
Aubin, n*ayant rien répondu à la plainte de Geoffroi, reçut bientôt une nouvelle lettre de Vendôme. « Je vous ai écrit, disait-elle, concernant votre Josselin ; il y a longtemps que j'attends pour apprendre si vous avez publiquement vengé la cause de Dieu et celle de notre ordre, et j'attends encore. De sorte qu'où je suis sourd pour ne pas entendre les nouvelles que vous me donnez sur cette matière, ou vous avez perdu l'usage de vos mains pour ne pouvoir exercer votre devoir d'autorité. Mais, grâce à Dieu, je ne suis pas sourd ; prenez donc garde que ce ne soit vous qui ayez les mains estropiées. Au cas où cela serait, il vous les faut guérir par des frictions d*huile, non d*huile d'olive, mais d'huile de justice ; elles s'ouvriront alors pour la punition de ce Josselin qui est enflé d'un pestilentiel orgueil. Je sais qu'il a le cœur rempli de méchanceté....* ».
La teneur de ces lettres de Geoffroi fera peut-être penser que ce zélé apôtre de la charité y était lui-même assez mal converti. Au moins en possédait-il la théorie : « La charité est la vertu par excellence ; sans elle, toutes les autres qualités ne comptent pour rien et à elle seule la charité les remplace toutes^ ».
L'affaire de Josselin était en elle-même de médiocre importance, de même que la discussion qui s'éleva entre Geoffroi et Hamelin, successeur d'Archembaud à Saint-Aubin d'Angers, au sujet du moine Païen, qui avait abandonné la Trinité pour Saint-Aubin; mais, sous chacun de ces incidents, réapparaissait le souvenir de la très vieille et longue querelle entre les deux abbayes pour la possession de l'église de Saint-Clément de Craon ^ Quand Geoffroi demandait à Archembaud le service d'un châtiment exemplaire pour le moine diabolique Josselin, le litige durait encore ; l'abbé de Vendôme priait l'abbé de Saint- Aubin de ne pas se laisser dominer par cette circonstance pour repousser sa requête*. Quand il aflSrmait