‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 321 sur 509 · Cf. IV, 15, 18, etc · texte numérisé non relu

Cf. IV, 15, 18, etc

voyage à Rome\ les intérêts de la Trinité à Angers'. Il était invité à assister à la célébration de la grande fête du monastère ^ Il fut un des plus fermes appuis de Tabbé de Vendôme dans la lutte malheureuse engagée contre la nomination de Renaud de Martigné comme évêque d'Angers en 1101*. GeofTroi a usé des termes les plus amicaux en s'adressant à Dernier. « A vous, lui dit-il, la moitié de mon âme, et s'il ne suffit point, mon âme tout entière *. Je me réjouirais, écrit-il une autre fois, de souffrir avec vous ; vous malheureux, le bonheur n'existerait plus pour moi *. » Les rapports entre les deux abbés avaient pour origine une intimité toute privée ; même avec la congrégation de Bonneval, Geoffroi réussissait à se brouiller. Il s'était avisé de demander à Dernier, en une occasion, de quelle façon ses religieux se conduisaient envers lui. « Je ne demande pas, ajoutait-il, quelle est votre conduite envers eux, assuré d'avance qu'elle est excellente"'. » La congrégation de Donneval se froissa de ce parallèle peu flatteur pour elle entre les mérites du corps et ceux du chef. Geoffroi, l'ayant appris, écrivit à Dernier: « Il paraît, véné-' rable père, que vos moines ont méchamment interprété ce que j'avais dit en toute simplicité. Je veux bien corriger mes paroles, craignant qu'autrement il ne vous en arrive des désagréments de la part de gens que je prenais pour vos fils et qui sont plutôt vos adversaires jaloux. Je m'imaginais parler à des hommes sans malice et bienveillants ; désormais, en m 'adressant à vous devant ces ennemis de la simplicité monastique, je me surveillerai mieux. Mais, qu'elle le veuille ou non, leur impureté sera obligée de constater la pureté de mon affection pour vous tant que je vivrai'. »

8. IV, 18. — Le manuscrit des œuvres de Geoffroi conservé à la bibliothèque du Mans contient (f. 153, v») quelques lignes adressées de Ik)nneval à Tabbé de la Trinité : voici la transcription de cette lettre, d ailleurs peu intéressante : « Reverendo patri et domno honora-

Telles donc qu'elles apparaissent d'après la correspondance de Geoffroi, les relations entre abbayes se donnant comme au service de la même cause étaient assez éloignées d'une parfaite concorde. La raison en était surtout les incessantes rivalités produites par la politique d'accroissement territorial des grandes congrégations. Les questions de propriété sont la grande préoccupation des chefs de monastères. En 1104, il faut l'intervention de deux abbés pour mettre fin à l'amiable à une dispute entre la communauté de Vendôme et celle de Talmont\ L'acquisition de biens matériels par l'Église au moyen âge a eu quelques bons effets : ces possessions ont souvent été plus heureusement administrées que les terres laïques, et les religieux y ont retenu une assez grande part pour l'entretien d'œuvres utiles et charitables : ceci n'est point à oublier. Mais ces avantages ont été chèrement payés par d'autres inconvénients, puisqu'à leur métier d'acquéreurs de domaines, à leurs disputes continuelles pour la sauvegarde de leurs intérêts, à leur pleine absorption par des soucis mondains, les ecclésiastiques ont négligé ce qu'ils avaient pris pour objet particulier et pour caractère propre. Leurs citations bibliques et leurs formules religieuses couvraient mal d'âpres jalousies et des mœurs violentes. A ce fait général qui se manifeste dans toute l'histoire du clergé à cette époque, il faut ajouter l'effet des tempéraments particuliers; celui de Geoffroi de Vendôme était peu porté au désintéressement et à la conciliation; on le voit bien, quand, dégagé de tout semblant d'égards imposés par une vocation commune, l'abbé s'est senti les coudées franches pour s'en prendre au pouvoir laïque et à l'Église séculière.

bili G. Vindocinensi abbati E. Bonevallensis minister salutem. Terminum quem posuistis cum gratiarum actione suscepimus, et si Deus adjuvare dignatur,et si potuerimus, non expectabimus sed praeveniemus. »

1. « Mediantibus abbate Gaufredo Malleacensi et Gaufredo abbate Xobiliacensi. » (L. de la Boutetière : Cartulaire de Talmont, publié dans les Mém. de la Société des .\ntiquaires de l'Ouest, XXXVI, p. 144, charte LXX). La charte relate toute l'histoire de la querelle entre Geoffroi de Vendôme et Alexandre de Talmont.

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