‹ Documents des archives de la Chambre des comptes de Navarre (1196-1384)Chapitre 327 sur 509 · Opusc. VII · texte numérisé non relu

Opusc. VII

7. Ce qui est dit ici sur les traités purement théologiques de Geoffroi n'est que pour marquer l'étendue de son activité littéraire. Ce serait h d'autres à voir si la théologie de l'abbé, comme celle de beaucoup de ses contemporains, a quelque originalité véritable, ou si elle ne repose pas en grande partie sur des souvenirs empruntés aux Pères de l'Église.

voir vous consoler et vous édifier, qu'en choisissant quelques passages de l'ancienne Loi pour en révéler le sens à votre humilité. Il m'a semblé inutile de vous entretenir de sujets d'une intelligence facile et que vous avez déjà entendu traiter souvent; ce serait un péché à vous que de mépriser de pareilles matières, il est vrai, mais la lassitude d'auditeurs rebattus d'un enseignement monotone pourrait vous faire commettre cette faute. Cependant il est nécessaire que je prenne pour sujet de mon exposition quelque chose que vous puissiez comprendre et qui présente quelque utilité pratique pour vous. Ecoutez donc ce que le Seigneur dit à Moïse, etc.» Peut-être Geoffroi composa-t-il pareillement à l'intention de ses moines son Commentaire sur les cinquante premiers Psaumes de David \ Sa méthode consiste dans cet ouvrage à considérer, dit-il, dans les psaumes la matière, l'intention et la fin, et il applique cette division, adoptée dès le début, dans l'examen de chaque partie du recueiP. Encore inédit, l'ouvrage de l'abbé de Vendôme a un intérêt exclusivement théologique. On en peut dire autant de quelques-uns de ses opuscules sur les divers sacrements ', où Geoffroi discute leur caractère et leur portée ; il est vrai que ses vues sur l'impossibilité de réitérer les sacrements ont été jugées inexactes par les théologiens. Peut-être cependant doit-on remarquer que le Traité sur le corps et le sang du Seigneur Jésus-Christ, a pu être inspiré par des préoccupations de polémique. L'hérésie de Bérenger, née d'ailleurs dans la région de la Loire moyenne, était encore assez vivante pour que l'Eglise la condamnât au concile de Plaisance eiï mars 1095*. Geoffroi a pu avoir à cœur de défendre contre des adversaires tenaces ce qu'il regardait comme la vraie doctrine sur l'Eucharistie. Trois écrits fort curieux sont les Aveux d'un pécheur

1. Goffridi abbatis Vindocinensis Expositio super L psalmos. — V Histoire liuéraire remarque avec raison que l'attribution de cet ouvrage à l'abbé Geoffroi parait tout à fait justifiée.

2. Bibl. nat. Ms. lat., n» 12959, f. 79 r«. « In principio uniuscujusque operis tria vel llll* discipulis requiruntur: Materia, intentio, finalis causa, cui parti philosophiae supponitur. »

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