Si non vales verberibus, saltem verbis
le cens annuel réclamé par les évêques dans toutes les paroisses qui se trouvaient entre les mains de congrégations monastiques. La profession de soumission faite par tout abbé nouvellement élu à son supérieur ordinaire, Tévêque, était un acte de simonie encore plus coupable, puisque l'abbé obtenait confirmation de sa dignité, non par argent il est vrai, mais par l'aliénation de sa propre liberté. Enfin si Ton adhérait à cette opinion que la simple acquisition d'une église, bâtiment et terres, faite à des laïques constituait un trafic illégitime, peu de prélats ou de congrégations pouvaient se dire exempts de simonie. Celui qui achète une église marchande en même temps des grâces spirituelles, puisque s'il n'acquérait premièrement les bâtiments consacrés, il n'y pourrait ensuite exercer aucun pouvoir spirituel, prétendait Brunon de Sienne dans son traité sur la corruption de l'Église . Cet étrange raisonnement était assez généralement accepté par les réformistes, quoiqu'on pût soutenir avec plus de vérité que mettre le corps ecclésiastique en pleine possession d'un lieu de culte jusqu'alors détenu par des laïques, était plutôt faire œuvre utile et favorable aux intérêts de l'Eglise. Geoffroi de Vendôme se faisait un devoir d'appuyer la théorie courante, et sanctionnée par les décisions pontificales, que toute acquisition d'église ou de possession ecclésiastique par l'intermédiaire d'un laïque, était un acte de simonie*. Lui-même se vantait de n'avoir jamais, ouvertement ou en secret, acheté des églises ou des dignités ecclésiastiques ^ Il faut reconnaître, au moins en ce qui concerne l'acquisition de diverses églises, que Geofiroi ne méritait pas l'éloge qu'il se décernait. L'évêque d'Angers confirma au monastère de Vendôme la possession de plusieurs églises que son chef « avait rappelées des mains des laïques à la liberté ecclésiastique' ». L'église de Toury fut pendant longtemps occupée par les Vendômois, moyennant le paiement d'un cens annuel à son propriétaire,